‹ Essais dramatiquesChapitre 147 sur 195 · ALC£E · texte numérisé non relu

ALC£E

Et tu es Tamie fidèle de Sapho ?

Oui , je lui suis fidèle ; oui , son génie et ses malheurs remplissent mon ame de Tadmiration la plus vive. Mais que puis-je pour elle, infortunée que je suis ? ( à part. ) Hélas : je a*ai fait que du mai à ce que j'aime.

DIOTIME

Ne parle-telle point avec confiance de l'oracle qui lui promet le repos sur ces bords ?

CLÉONE

Quelquefois elle parle de repos ; mais il semble toujours que ce soit le repos des morts qu'elle contemple. D'autres fois, elle attend Phaon; elle assure qu'il reviendra : la m&indre barque qui sillonne les flots lui paraît annoncer son retour, et sa joie , dans de tels momens , fait plus de mal encore que n'en causait sa douleur.

alcée.

Et ne demande-t-elle pas quelquefois sa lyre? ne sent-elle pas quelquefois le besoin de relever son ame accablée , par ces divins accords qui semblaient descendre du ciel , et qui nous y reportaient avec elle ?

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