ACTE II, SCÈNE m
iSAPHO.
Il vient des rives opposées k la Sicile ; c'est vers le soir seulement qu'il se repose sur ce séjour de délices.
A.LCÉE.
Éloigne un moment de ta pensée cette île qui renferme un amant coupable. Ce matin , à l'heure où le soleil darde ses rayons les plus ardens , les prêtresses d'Apollon se rassemblent pour choisir celle qui doit commander dans le temple. Viens te faire entendre au milieu d'elles ; viens , tu l'emporteras sur toutes , et tu trouveras dans le même asile la gloire et le repos.
SAPHÔ.
La gloire ! Alcée , j'en verrai pâlir l'éclat sans regrets; et le repos , je sais où le trouver.
AliCÉE.
Te souviens-tu de ce chant sublime dans lequel tu accusais une jeune Lesbienne de négliger ses talcns , et de traverser obscurément la vie ?
SAPHO
Oui, je m'en souviens. Jeune Lesbienne, lui disaisje , veux-tu descendre sans gloire dans le tombeau ? veux-tu que ton nom soit de la poussière comme tes cendres , et ne cueilleras-tu point les roses de la vallée des Muses? peux- tu dédaigner leur céleste parfum ?
ALCÉC.
Comme tes regards s'animent! Sapho, je le retrouve. Courage, ma noble amie, courage; ressaisis ta
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lyre , et triomphe de toi-même aussi-bien que de
nous.
SAPHO
Eh bien I jp vais suivre tes conseils ; je vais rassemblai- mes rhi'v< ux e'pars; je vai'; revêtir la tunique de pourpre, coite couleur êcl.jlantf- qui [lait au soleil , et refi chit ses rayons les plus resplendissons. Prépare la couronne, Alcee ; pre'pare-Ia, je la saisirai ; je sens là , dans non cœur, un pre.->age de gloire; i\poilon ne l'a jamai» vainement inspire. Réunis sur ceftf rive les ador. tours d'Apollon, et je célébrerai son culte.