‹ Essais dramatiquesChapitre 163 sur 195 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

SAPHO, CLÉONE, DIOTIME, des esclaves.

mOTlME.

Oui, ce n'est point une rivale qui va s'occuper de tes succès.

CLÉONE

Une rivale ! non, Sapho ; je puis tout te sacrifier.

SAPHO

Ah! ne me prodiguez pas vos aimables soins. Hélas t c'est à lui seul, à lui seul que je voulais plaire Faites seulement que l'on n'aperçoive pas le désordre de mon ame Diolime, si mon esprit s'égare, approchez vous de moi ; rappelez-moi de quelle honte je me couvrirais aux regards de la Grèce.

DIOTIME.'

Non, j'en suis sûre , tu rassembleras tes forces, et ta pensée seule régnera sur toi.

258 SAPHO

SAPHO

Écoute, Diotitne, écoute; s*il arrivait pendant mes chants, s'il arrivait ahl ne retarde pas mon bonheur i interromps l'harmonie de ma lyre , interromps ces vaines paroles qui ne valent pas un seul de ses accens*

WOTIME.

Sapho , Sapho , suspends donc un moment ces inquiétudes cruelles.

SAPHO

Diotime, tu me promets Ah! pourquoi le demander? Mes yeux ne seront ils pas toujours fixe's sur celte mer qu'il doit traverser pour revenir ?je ne vois qu'elle.

La marche s'avance.

SAPHO

Ces vagues , Diotime ; ces vagues , elles ont aussi fruppé les rochers de Sicile; ne les vois- tu pas se précipiter l'une sur l'autre , comme les années qui tombent dans l'éternité ? Diotime, Diotime, une de ces vagues suffit pour qu'un malheureux cesse de fiouffrir.

DIOTIME

Reprends tes esprits , au nom des dieux.

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