‹ Essais dramatiquesChapitre 173 sur 195 · ACTE III , SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE III , SCENE V

SAPHO

Celle qui fut mon amie , et que j'aimais comme ma fîlie.

PHAON

Elle me de'daigne, parce qu'elle t'admire; elle me repousse loin d'elle. Phaon aussi connaît le malheur de ij'ctre pas aimé de ce qu'il aime.

SAPHO

Gruel! est-ce Sapho dont tu demandes la pitié ?

PHAON

Je ne l'espère pas.

SAPHO

Tu pourras l'obtenir , si jamais un instant lu souffres autant que moi. Cléone , c'en est fait , je l'ai revu, et il est resté absent. Oh ! rendez moi ma folie; rendez-moi ce que j'attendais, ce que je n'attends J)lus. Cléone, vous êtes libre; vous pouvez vous unir à Phaon.

CLÉOKE,

Je déclare devant lui que je me voue à votre sort ; que jamais , jamais, je ne goûterai aucun bonheur, tant que vous serez à plaindre, et que je ne puis estimer l'homme qui, aimé de vous, peut vous oublier.

SAPHO

Prends garde, Cléone , prends garde : tu veux me rendre odieuse à Phaon ; il m'oubliait , mais il ne me haïssait pas. Oh! prends garde.

PHAON

Ce n'est pas toi que je punirai , Sapho ; c'est moi. Adieu , Sapho.

2J2 SAPHO

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