SCÈNE VI
JDIOTIME , SAPHO , CLÉONE.
SAPHO
Il part , je ne le reverrai plus. Cependant il e'tait là ; ce n'e'tait pas mon imagination seule qui me peignait ses traits. Clëone, Cle'one, rappelle-le. Oui, j'aime mieux devoir sa pre'sence à celle qu'il aime , que de ne plus le voir. Cle'one , quand tu seras unie à lui, ne peux-tu pas me prendre pour ton esclave ? Il en est qui doivent jouer du luth et de la lyre ; il me reste assez de ce talent que j'ai perdu pour remplir une place obscure auprès de toi. Alors je le verrai passer quand il te donnera la main pour aller à quelque fête. Je le verrai , Cle'one , et je te bénirai de l'avoir permis.
CLÉONE
Ah! ma mère , se peut-il que j'entende de semblables paroles !
DIOTIME
Sapho, ne de'chirez pas le cœur de ma fille; vous le voyez , etle ne peut résister aux émotions violentes que votre génie vous donne la force de supporter, et je la vois prête à expirer sur mon sein.
SAPHO
Ah! 4e quoi se plaint-elle? a-t-elle le droit de Terser des larmes , elle qu'il aime ! et peux-tu me demander ma pitié pour l'heureuse femme que Pbaon a préférée ? Ah I la pitié I c'est à moi qu'elle est due ; cependant je ne la demande plus. Cléone, adieu.