ACTE IV, SCENE IV. 2J
était à moi pour toujours. Ah! Clëone, que ces instaiîs étaient divins ! Jamais je ne sortais de ma demeure sans que sou bras protecteur n'appuyât mes pas chancelans. Quand je paraissais dans les fêtes solennelles de la Grèce, il était ému de ma gloire » et la joie qui brillait sur son front m'apprenait à jouir de moi-même. Un jour , j'étais dangereusement malade , et je me croyais près de traverser l'onde irrévocable ; rien ne pourra te peindre , Cléone, ses soins et sa douleur : il me sauva par ses regards qui retinrent ma vie prête à s'échapper. Ah l sans doute j'au-» rais voulu qu'alors.... Mais qu'importe ? je te le dis, Cléone , il est bon , tu dois me croire.
CLÉONE
Il est bon, celui qui vous déchire le cœur ! Ah ! c'est vous, Sapho ; c'est vous qui êtes admirable!
SAPHO
Dois-je être injuste envers Phaon , parce qu'il m'a fait souffrir ?