‹ Essais dramatiquesChapitre 182 sur 195 · CI.É0SE · texte numérisé non relu

CI.É0SE

Tu peux lui pardonner. Mais moi I....

SAPHO

Cléone , tu contempleras chaque jour ses traits ravissans. Quand le cor retentira dans les bois , tu le verras passer sur le sommet des monts , et dompter un cheval sauvage , qui frémira sous sa main. Aux jeux olympiques , il sera vainqueur ; toutes les femmes de la Grèce envieront ton sort, et diront: « Voilà celle que le plus beau des mortels a préférée. »

280 SAPHO

GLéoKE.

Cet attrait passager peut- il suffire au bonheur?

Penses-tu que les dieux lui aient donne' ces charme? comme un simple ornement que le souffle du temps doit fle'trir ? C'est son ame généreuse , dont sa figure est le symbole; ce sont ses nobles qualite's qu'expriment et sa voix et son regard.

CLÉONE

Sapho l Sapho ! est-ce ainsi que tu parles de celui qui put te trahir i

SAPHO

Ah ! s'il m'abandonne, c'est que je l'ai mérite. Pouvais-je le captiver toujours , moi qui ai déjà connu les feux d'un premier hyménée ? Il lui faut un cœur qui n'ait battu que pour lui. Cléone , ne refuse pas le sort d'une divinité sur la terre.

CLIÉONB.

Tu le veux î

SAPHO

Je l'exige.

CLÉONE

Eh bien ! apprends un secret que je voulais te cacher jusqu'à ma mort. Je sacrifiais Phaon à mon enthousiasme pour toi ; mais je l'aimais.

SAPHO

Tu l'aimais ! tu l'aimais :

CLÉOKE.

B'oà vient ce trouble ? puisque tu me commandef

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