SCÈNE VI
ISS MÊMES , L'ERMITE.
l'ermite.
Setgneur , lisez cet e'crit que je vous aurais remis plus tôt, si , par un sentiment trop délicat , la duchesse de Brabant n'eût pas voulu tenir de voire amour seul ce que la justice exigeait de vous.
SIGEFROI. -
O Dieu I qu'ai-je lu ! quelle lumière me frappe ! Où est-il ce monstre qui m'a trompé, cet infâme Golo ? l'ermite.
Signeur, sa tombe est sous vosyeux«
SIGEFROl.
Il ne vit plus. Qui donc reste-l-îl à punir? qui? moi , moi seul 1 Geneviève est innocente , et j'ai voulut sa mort ! et pendant dix années elle m'a fui comme son assassin! Je n'ose embrasser ses genoux. Mon fils , prosternez-vous aux pieds de yotire mère.
58 GENEVIÈVE DE BRABANÏ.
ADOLPHE
Juste ciel .' ma mère I
sicEFROi, à la fille de Geneviève.
Tiens dans mes bras , mon enfant.
GENEVIÈVE, ouvrant lesjreux.
Que voîs-je? la prédiction est accomplie : ma fîllc est dans ses bras, Adolphe embrasse sa mère! Je puis mourir.
SICEFROI.
O mon père î secourez-la. Ce n'est pas pour elle que la vie est ne'cessaire. Ah I cet ange ne sera bien que dans les cieux. Mais moi, quel asile me resterait-il sur ]a terre et au-delà de ce monde , si la mort me l'arrachait, la mort que j'ai voulu lui donner! O Dieul laissez-moi le temps d'être pardonné. ("A V ermite. J
Mon père....
l'ermitb.
Seigneur , votre épouse croyait elle-même que cet instant serait le dernier de sa yie. Elle-même l'a sou- Irùité.
«IGEFROÏ.
Quoi ! tîeneviève , tu veux me quitter? Ahl je le sens, tu ne peux me souffrir. Mais vis , et laisse-moi mourir ; bannis-moi loin de toi , que j'aille occuper la grotte solitaire où ma barbarie t'a reléguée! que j'y «ois sans un enfant! que j'y sois avec des remords ! Alii je ne serai point encore assez puni
ADOLPHE
Mon père, je yais chercher du secours : je yais ap-