‹ Essais dramatiquesChapitre 31 sur 195 · ACTE III, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VI

peler les chasseurs qui nous suivaient dans la forêt.

SIGEFROI

Va , mon fils , appelle-les. Qu'ils viennent , qu'ils

accourent (Adolphe sort.)

l'ermite.

Seigneur, ne croyez pas que les secours humains aient le pouvoir de nous rendre Geneviève. Dieu seul l'a prote'ge'e quand vous l'abandonniez ; vos remordas obtiendront-ils qu'elle vive ? Avez-vous dans votre ame une douleur , un repentir qui puisse , dans un instant, expier'dix anne'esFle ciel p>eut-être alors vousexaucera.

SIGEFROI

Ah , mon père I que dites-vous ? y a-t-il des larmes , y a-t-il du sanç qui rachetât mon crime ? Parlez. l'ermite.

Priez Dieu, priez Geneviève ; son ame sainte et pure approche, en cet instant, de la céleste demeure i Peut-être s'arrêtera-tr-elle à notre voix ; peut-être demandera-t-elle de passer encore quelques jours avec vous sur la terre.

l'enfant.

Non, ma mère n'est qu'endormie ; je suis sure qu'elle va me répondre : ahl son enfant ne l'a jamais appelée en vain. Ma mère ! ma mère I

GENEVIÈVE

Cher enfant !

l'enfant.

Vous le voyez, elle me parle.

t)0 GENEVIÈVE DE BRABANT.

SICEFROI.

Ciel ! sa main glacée ne serre plus la mienne. Eu be'uis!>ant sa fille aurait-elle prouonce sa dernière parole? Geneviève! Geneviève! n'entends-tu point mes cris ? ne sens-tu que l'amour de mère? Ion malheureux époux n*est-il donc rien pour toi ? L'ëlernel repentir, l'abîme du désespoir est ouvert sous mes pas ; c'est l'enfer que la mort) c'est l'enfer que la vie. Où donc est-il le poignard qui soulagerait mon cœur? donnez-le moi , donnez-le moi.

ADOLPHE, revénanU »

Us arrivent nos amis, mon père ; ils viennent à notre aide.

l'ermite.

Mes enfans, voilà votre péreaccable' par des regrets, par des tourmens qui ne lui laissent plus aucun empire sur lui-même; votre mère est expirante. Dans un instant vous pouvez être orphelins. Demandez à Dieu qu'il vous épargne la plus horrible douleur que l'homme puisse éprouver sur cette terre. Ah 1 quand nous perdons ici bas ceux qui nous ont donné la vie, l'image de la divinité semble se voiler à nos yeux, et la solitude de la mort commence»

Proslernez-vous avec moi , pauvres enfans (Cermiie elles deux enfans se- mettent à genoux) ; tournez vos regards vers le ciel! de là viendra l'espérance. Grand Dieu ! ces enfans avec moi vous demandent la vie de leur mère! prêtez leur quelque temps encore celle qui les a tant aimés; quelque temps encore , et vous

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