SCÈNE ï
GENEVIÈVE ET SON ENFANT
Geneviève est à genoux au pied d'ufie croix,
l'bnfakt.
J*Ai fini de prier , et ma mère reste toujours à genoux î Pourquoi donc sa prière est-elle aujourd'hui plus longue que de coutume? d'où vient l'inquiétude que je remarque' sur son front? cependant, je n'ai rien fait de mal.
GENEVIÈVE
Cher enfant î ce jour est bien solennel pour nous î Je voulais m'y préparer.
Ii2 GENEVIEVE DE BRABANT.
L'ENFA^T.
Coiï'*"!:nt donc ce jour serait-il différent de tons •- . jours? Le soleil doit-il nous éclairer plus tard qu'à l'ordinaire? me raconteras-tu quelque belle histoire merveilleuse dont je rêverai toute la nuit , ou la biche qui m'a nourrie, quand tes forces étaient épuisées, se serait-elle éloignée de nous? Ah J que j'en serais triste \
GENEVIÈVE
Non , mon enfant. Tiens , regarde ; ne la vois-tu pas ta biche? elle est à l'entre'e de notre grotte ; mais il faut la quitter, cette grotte. Nous partors. l'ekfakt.
Que yeux-tu dire , nous partons ? allons-nous plus loin que la forêt qui est là-bas, et que tu ne m*as jamais permis de parcourir ? Ah \ quelle joie !
GENEVIÈVE
Pauvre enfant ! comme tu prononces te mot de joie \ Ah : tu ne sais pas combien de fois ces présages de l'espérance ont été trompés ! Nous quittons pour jamais cette demeure , la seule que tu connaisses depuii ta naissance.
l'enfakt.
Pour jamais! que veux-tu ^ire , ma mère? combien de temps cela fait-il , jamais?
CEKEVIÈVE.
Toute la vie.
l'enfakt.
O mon Dieu ! notre grotte , nos fleurs, je ne les