ACTE I, SCENE Ul
GUEHAZI.
K 'importe : le Dieu d'Abraham punit aussi celuilà.
SEMTDA.
Gueliazî, blâmerais-tu ma mère? Elisée la blâmeraît-il ? Conduis-moi près de lui , que je lui dise combien elle m'aime ; combien elle me rend heureuse. C'est ma faute d'être quelquefois triste les jours de fête ; car c'est pour moi , pour moi seule que ma mère arrange tous ces plaisirs.
OUEHAZI.
Chère enfant , tu es quelquefois triste les jours de fête ; eh bien , tu seras consolée dans les jours de l'adversité. Qui sentit la tristesse que recèlent les joies humaines, connaîtra l'espérance que Dieu renferme encore au sein du malheur.
LA SUNAMITE
Guehazi, ta jeunesse est sombre et se'vère.
GCEHAZI.
Puisse le sort ne l'être pas davantage envers loi î
LA SOETJR.
Dis au saint prophète que toutes ses paroles sont restées gravées dans mon cœur.
GUEHAZI.
II le sait. ( Une musique de fête se fait entendre,) Mais qu'est-ce que j'entends ?
LA SC«UR
Ce sont les joueurs de flûte qui annoncent lé commencement de la fête.
yS LA SUNAMITE.
GUEHAZI.
Celle musique triomphante me remplit malgré moi d*un pressentiment douloureux. — Siinamite , tu as connu le Dieu de bonté ; mais connais-tu le Dieu terrible , et sais-tu quels soupirs il peut arracher du cœur des humains? Adieu. Parmi les habitans de Sunem que tu reçois aujourd'hui , il en est beaucoup qui sont ennemis de mon maître ; je vais me hâter de le rejoindre, pour qu'il ne traverse pas seul ^a Toule dant ta maison est entourée. Adieu.