ACTE II , SCÈ^^E II. 8c
et de la foudre , que cette vérité terrible fut proclamée ?
LA. SUNAMIir.
Non , ce n'était pas assez de la foudre pour accompagner une si redoutable menace ; il fallait frapper 4e stérilité le sein des mères,* Dieu '. je pourrais être la cause de la mort de mon enfant! Elisée, devais-tu donc implorer le Dieu d'Abraham pour que je donnasse la vie à Semida ! Que ne me disais-tiî que l'amour maternel était un piège funeste que le ciel même tendait à mon malheureux cœur !
ÉLISÉB.
Prends garde , ô femm? ! prends garde ; l'esprit de rébellion est prêt à s'emparer de toi.
LA SUNAMITE
Et qu'ai-je à craindre encore , si je perds mon enfant ? de quel supplice plus horrible l'Eternel luimême pourrait-il me menacer? Ah I chaque instant qui s'écoule est mortel pour Semida ! Pars , au nom de ia pitié que l'homme doit à la misère de l'homme , pars.
Je ne puis. Un ordre suprême me défend de te
suivre.
LA SUNAMITE
Et bien I il te rerte du moins un pouvoir. Précipite raoj dans la tombe où nos pères m'attendent : péris e le jour où je Maquis ! qu'il soit un jour de deuii ; que les eieux lui refusent la lumière, et que
90 LA SUNAMlTli.
les ténèbres e'ternelles s'en emparent î Pourquoi la mise'ricorde du Très-Haut ne ni*a-t-elle pas repoussée des portes de la vie ? ai-je demande de naître pour recevoir le jour à ce prix ? Ah ! cette terre n*est qu'une vallée de larmes. Le juste comme l'injuste s'y traîne dans les tourmens , ou plutôt ce sont les bons , les bons seuls qui souffrent; et quand le cœur est plein d'affection et de tendresse, c'est alors que l'Eternel le perce 3e ses flèches, et le choisit pour victime de ses terribles jugemens.
ELISÉE
Malheureuse ! qu'as-tu dit ? Oses-tu contester avec l'Eternel, et juger ses desseins! Ils sont placés dans les hauteurs des cieux; qui pourrait y atteindre ? Ils pénètrent jusque dans les profondeurs des abîmes ; qui les y découvrira ? Malheureuse l tes paroles sont comme le vent impétueux qui renverse tes dernières espérances. Que sais- tu donc sur la vie que nous ne sachions pas ? Et la vieillesse nous est-elle arrivée sans que nous ayons souflTert ? Mais les consolations de la piété nous ont soutenu , et tu les as dédaignées. Pourquoi ce désespoir, pourquoi ces regards irrités? cesse de révolter contre ton Créateur le souffle de vie qu'il t'a donné. De quoi te plains-tu,- femme coupable? tu as refusé ta fille à ton Dieu qui la demandait ; il t'a longtemps avertie par ma bouche ; ne comprenais-tu pas mes paroles mystérieuses ? Il m'était défendu d'appeler la clarté sur l'œtivre des ténèbres; mais ne t'aije pas dit qu'il n'y avait rien de caché pour l'Eternel ? IVe t'ai-je pas dit que lorsqu'il parlait d'un ton sévère ,