SCENE n
Î.E CAPITAINE KERNADEC , M"» DE KERNA* DEC , W^' DE KERNADEC , assis , NÉRINE ET SABORD , debout,
LE CAPITAINE , uTie ^zctte à la main^
Mille tonnerres î mille bombes î Vingt croix ont été donne'es , et le capitaine Kernadec n'en a pas I Des ca* pitaines marchands, de petits marins d'eau douce ont là croix, et moi qui ai monte' autrefois la Belle-Poule ; moi qui, avec une corvette de seize canons , ai tenu tête à une fre'gate ennemie !.. • Madame de Kernadec , vous ai-je jamais raconté l'histoire de ce combat ?
I08 LE CAPITAINE KERNADEC.
M""* DE KJSRNADKC.
Oui , mon époux.
LE CÀPITAlirE.
Et TOUS f ma fille ?
m"* de KERNADEC.
Oui , mon père.
LE CAPITAINE
Et VOUS , Nërine ?
NÉRINB.
Oui, monsieur.
Et toi , Sabord ?
SABORD
Oui, mon capitaine. j
LE CAPITAINE. .-^tB
Je vous l'ai racontée : eh bien ! je vais vous la conter encore. — C'était à ia vue du Cap- Vert ; j'aperçus un vaisseau ennemi ; je le poursuivis cinq lieues avec l'avantage du vent , et en6n je lui lâchai ma bordée , * aussitôt qu'il me fut possible; car, morbleu' je suis vif, et j'aime à faire feu le premier.
SAEOBn.
Oui , c'est pour cela que vous avez tiré à plus d'une demi-lieue.
LE CAPITAINE
Veux-tu bien te taire ? — Il est vrai que celte décharge ne tua pas grand monde.
SABORD
Pardonnez-moi : il tomba plus de six oiseaux de