‹ Essais dramatiquesChapitre 61 sur 195 · ACTE I , SCENK I. IO · texte numérisé non relu

ACTE I , SCENK I. IO

mer, que leur malheur avait attirés près de notre bài ' timeut.

LE CAPITAINE

Finiras-tu , maraud , avec tes impertinentes réflexions ? — J'e raviens au fait. L'ennemi était plus fort que moi ; je ne m'intimidai pas; je lui envoyai une grêle de balles et de mitraille ; je fis préparer les grappins., et j'allais commander l'abordage, quand cette %ipaudite frégate me lâcha sa bordée de tribord, et v^agna le large en fuyant à toptes voiles. Je voulus cou- ' rir^prè^ ; mais , ma foi , elle m'avait démâté , et je >estai planté en mer comme un terme, fà Sabord, J lEh bien ! qu'en dites- vous, monsieur le mauvais plaisant? vous trouverez-vous jamais à pareille fête ? fil tAe retourne^ et voit madame de Kemadec qui bâille. J Qu*çst- ce à dire , madame de Kernadec , vous êtes distraite, Dieu me pardonne , quand je raconte mes cam* jpagnes? A quoipensez'vous? à votre toilette? Et vous, iaàdémoiselle , à vos amours ? En vérité, madame , où ïivez-voDs eu l'esprit d'appeler cette petite fille Rosalba , un nom de roman ? C'en est assez pour tourner la léte à une jeune personne. Rosalba... aussi elle n'* rien retenu de tout ce que je lui ai enseigné. Et toi, charmante Narine, tu sais tout sans avoir rien apprisl Tiens , ma chère , si tu veux , cet été je te mettrai au • fait de la manœuvre ; ce sera si joli de t'entendre commander avec ta voix douce I

NERIKB.

Mais, monsieur , il me semble qu'une voix 4ouce »'€st pas trop nécessaire pour cela. Ne dites vous pas?

1 10 liE CAPITAINE KERNADEC.

hissez les voiles, virez de bord, serrez le vent; quî

LE CAPITAINE

Voyez comme elle est gentille ! Ah ! ma chère , que tu me piais!

fil veutPembrasser.J

M™* DE RERNADEC.

Y pensez-vous , monsieur de Kernadec? Oubliez- Vous que c'est devant moi que vous parlez?

LE CAPrrAIKE.

Eh non l madame ; eh non î j*y pense très-fort. Avez- vous jamais eu d'infidélité' à me reprocher? Dans mes campagnes , je n'ai jamais emporté d'autre portrait que le vôtre ; les jours de combat, je le pends au mât d'artimon ; et quand le feu devient trop vif , je le mets dans ma poche , en disant , vogue \n galère ! ^'est-ce pas tendre cela ? Madame de Kernadec, je vous demande si un officier de terre serait plus galant ?

M*"' DE KERNADEC.

Non assurément. Mais il ne s'agit pas de tout cela ; j*ai quelque chose d'important à vous communiquer. Je voudrais vous parler seul.

LE CAPITAINE

A la bonne heure; je n'ai rien à faire aujourd'hui ; c'est un calme plat. Je causerai tant qu'il vous plaira.

M™« DE KERNADEC.

Qu'est-ce que vous dites d'un calme plat ? cela est il

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