ACTE I, SCENE I. I I J
nécessaire pour causer avec moi? Vous ne savez rien m*adresser qui ne m'offense.
LE CAPITAINE
Eh .' parbleu , madame, ne faudrait-il pas prendre des mitaines? et puis d'ailleurs , de quoi vous fâchezvous? Chacun son langage. Vous êtes une femme d'esprit ; vous avez vécu à Paris ; nous autres gens de mer nous ne donnons pas dans tout cela.
M"" DEKERNADEC.
Et cette ennuyeuse pipe dont vous m'envoyez des bouffe'es à chaque instant, comment y tenir ? Ma pommade à la fleur d'orange, mes roses, tout , dans la maison , sent le tabac.
ROSALBA
Ah! maman , qu'est-ce que cela fait? M. Derval me disait l'autre jour qu'il aimait beaucoup cette odeur-là.
LE CAPITAINE
M. Derval, mademoiselle, ce galant doucereux qui vient vous faire la cour ? Tl lui appartient bien d'aimer la pipe l Je parie qu'il n'a pas seulement fait une lieue en mer. C'est un monsieur si tranquille ! si gracieux ! C'est comme cela que vous les aimez vous autres, mesdames; mais moi, morbleu, il me faut des moustaches dans ma famille , et non pas des faiseurs de madrigaux ; m'entendez-vous?
ROSALBA , à madame de Kernadec.
Ah! maman , comme cela s'annonce mal!
lia liE CAPITAINE KERN ADEC.
M"»* DE KERWADEC.
Ma Elle, laissez-moi seule avec lui ; il fait toujours plus de train quand il y a du monde.