ACTE 11, SCENE I. KjD
LE CAPITAINE
Va-t'en, te dis-je, et me l'amène à l'instant. — Comme il marche I vraiment cela fait pilie! Sabord , c'était donc au Pic de ïe'nériffei'
SABORD
Oui , mon capitaine.
rE CAriTAISE.
Ta ïie peux pas remuer cette jambe, et c'est une ^-lîc qui te l'a brise'e ?
SABORD
Oui, mon capitaine.
LE CAPITAlîïE.
Quel beau coup de feu 1 Mais dis-moi donc, mon garçon , s'il y a sept ans de cela , pourquoi est-ce aujourd'hui la première fois que j'ai eu pilie' de toi?
Que voulez-vous , il y a des jours où l'on est plus sensible que d'autres , il y en a comme cela dans Ics^quels je suis tendre comme un agneau , et d'autres où je suis pire qflfe les tigres de Masuiipatnam.
LE CAPITAIKE , « part.
Encore Masulipatnam .' Je oroisqne j'en perdrai la tête. ( à Sabord , qui chancelle sur sa Jambe de bois. ) Prends donc garde , tu vas tomber.
SABORD
N'ayez pas peur ; six ans d'habitude , et cela ne paraît plus rien. A présent je ne saurais plus que faire
l36 LE CAPITAINE KERNADEC.
de deux jambes , même pour courir après ma femme. Je vais vous renvoyer , elle sera ici dans un instant.