‹ Essais dramatiquesChapitre 87 sur 195 · ACTE II, SCÈNE IV. l4t · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV. l4t

Cependant , monsieur , on a joue encore une d» yos pièces à Paris, il y a quatre jours. '

DERVA.L.

Que dites-vous là , Nérine ? à quoi cela sert-il ?

KÉRINE

Oui 9 je TOUS assure , et elle est tomLe'e.

DERVAL

C'est-il vrai ? parlez-moi franchement : on devait cependant

NÉRINE

Vous le voyez , monsieur , sept ans ne peuvent

e'teindre la tendresse paternelle ; j'entends celle d'un

auteur. Mais cependant, monsieur, je vous réponds

de lui : écoutez-le parler , jamais on ne devinerait

qu'il a été un homme d'esprit.

DBRVAL.

Bien obligé , Nérine.

NÉRINE

Il était aimable il y a sept ans ; il avait de la grâce. A présent regardez ses manières brusques , ses pieds tout droits , ses gestes vulgaires.

DERVAL

Mais , Nérine , ne pourrais-tu donc persuader le capitaine à moins de frais ?

NÉRINE

Allez, allez, monsieur, je n'en dis pas encore as- «ez ; laiisez-moi faire.

{Nérine sort. )

l/^2, LE CAPITAINE KERNADEC.

LE CAPITAINE

. Il est juste , Derval , que je vous tienne ma parole ; mais faites venir ma fille , pour que je sache ce qu'elle en pense, {à part.) Si j^osais demander à quelqu'un combien il y a de temps que je n'ai vu ma fille! Mais non , ils me prendraient pour un imbe'cille. Ah bon Dieu ! pauvre Kernadec ! dans quel état est ta tête ! Je le sens bien ; on baisse vers soixante ans. Comme j'étais fort il y a sept ans ! Ah peste î si je me réveillais à cet âge , comme je tempêterais ! comme... Ah l voilà ma fille ; elle a pris l'air bien raisonnable! La pauvre enfant , elle est comme moi , son boa temps est fini.

Page 1