Apoc, XII
2. Sully Prudhomme, dans son dernier volume Epaves, sonnet à Alfred de Vigny.
terre d'aromates, une couche de plantes odorantes, — symbole de son humilité, de sa douceur, de son esprit d'oraison, qui émanaient, comme autant de parfums, de sa personne adorable.
Et vous, sa fiancée, — afin de rendre plus parfaite votre ressemblance et votre union avec Lui, vous avez cultivé aussi, avec un soin délicat, toutes les vertus chrétiennes et religieuses. Signalons-en quelques-unes, prises au hasard. Par exemple, — cet effacement volontaire qui fait qu'on sent partout votre influence et votre action, mais qu'on ne vous voit jamais vous mettre en tête de vos œuvres ; cette prudence consommée, s'étendant à toutes celles qui dépendent de vous, et gardant votre communauté dans la plus haute tenue religieuse; — ce jugement qui peut paraître froid, et qui n'est que serein, empreint déjà du calme éternel ; — cette justesse de coup d'œil, évidemment aiguisée par l'esprit surnaturel. Comment les analyserais-je toutes? — Comment peindrais-je ces couleurs discrètes qui égaient le jardin diapré de votre âme ?
Peut-être ai-je déjà trop insisté, à votre gré, et vous ai-je, sans le vouloir, blessée, pour avoir essayé de mettre en relief quelques-uns seulement de vos mérites.
— Mais j'ai moins voulu, ma Très Révérende Mère, célébrer votre personne même que la gloire de Dieu, « auteur de tout don parfait • ^ Et, en considérant votre vie cachée, c'est le Christ Jésus que nous avons surtout trouvé admirable. Mirabilis Deus in sanctis suis '.