‹ Essais et conférencesChapitre 24 sur 29 · X. Ep. Jac · texte numérisé non relu

X. Ep. Jac

a. Ps. 67-36.

Ma Très Révérende Mère

A cette^heure solenuelle, qui marque un demi-siècle de fidélité à votre Epoux divin, il devait nous être permis d'observer à quelle profondeur II avait mis en vous son empreinte auguste, à quel point il vous avait façonnée à son image et à sa ressemblance. Grâce à son opération toute-puissante, votre âme a été modelée d'après cet Idéal souverain, qui vous avait charmé, toute jeune, et qui n'a jamais cessé « de vous séduire ». Seduxisti nie Domine ^. Et, en ce cinquantième anniversaire de vos fiançailles mystiques avec l'Agneau de Dieu, il me semble l'entendre, — Lui le Bien-Aimé, — vous chanter, sur un rythme immortel :

«f Que tu es belle, mon amie, que tu es belle ! Tes parfums sont plus suaves que tous les aromates ! Tes lèvres distillent le miel, et l'odeur de tes vêtements est comme l'odeur du Liban. Tu es un jardin fermé, une source d'eaux vives. Que tu es agréable! Tes lèvres sont comme un fil cramoisi. Et le parfum de ton souffle est comme celui des pommes. J'entre dans mon préau, ma sœur, ma fiancée ; je cueille ma myrrhe avec mes aromates, je mange mon rayon de miel avec mon miel. Viens, mon épouse viens ! Nous continuerons d'aller ensemble vers « la montagne de myrrhe» et vers la «colline de l'encens», — donec lucescat dies^ — ju<;qu'à ce que l'aurore infini nous verse sa fraîcheur, — jusqu'à ce que luise mon jour, — mon jour éternel, — oii je pourrai ceindre ton front virginal d'une couronne d'or et de diamants ! « Veni coronaberis ^ »

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