TÊTE D'ETUDE
. .lofui degli agni délia santa greggia Che Domenico menaper catnmino . . .
Dante, Par. c. x. — vt. 94-9S
Messieurs
... Ce n'est pas en une demi-heure que l'on pourrait analyser la vie et les œuvres de saint Thomas d'Aquin, — notre plus belle gloire de famille incontestablement, comme aussi l'une des lumières les plus pures et les plus chaudes de toute l'église catholique.
Nous ne voulons pourtant pas signifier que la vie de ce moine fut extrêmement agitée, marquée par des événements nombreux.
En ce temps-là, personne ne parlait encore de « vie intense ». L'on n'avait trouvé ni cette formule ni cette chose. L'on ne connaissait pas nos hâtes, nos fièvres d'agir.
Et qui sait si la vie, plus posée, n'en était pas que plus féconde, productrice d'oeuvres autrement larges et saines ?
Car, les agissements ne sont pas l'activité. Le progrès bien entendu, n'est pas en raison directe du mouvement sans relâche et sans trêve, souvent sans but.
D'ailleurs, le moyen âge eut-il connu nos impatiences, nos fébriles besoins d'agir, que l'âme italienne, — si vivante
et si vibrante en saint Thomas, — n'y eut cédé, je crois, que dans une faible mesure, — si même elle n'y eut échappé tout à fait.
L'Italie, c'est déjà un peu l'Orient, — et l'un des pays du monde où l'on goûte le plus le charme, la douceur de vivre.
L'âme italienne a quelque chose des lenteurs et des langueurs de l'âme orientale; — son exubérance, toute de lumière et d'azur, se traduit en paroles, en explosions lyriques, en attitudes ardentes et bruyantes, plutôt qu'en âpre et sérieuse action, en sourde énergie.
Ainsi, nous ne voyons pas que la carrière de saint Thomas ait été si remplie de faits, débordante d'activité extérieure et matérielle.
Et, — s'il serait puéril de ne vouloir considérer en lui qu'un professeur de l'absolu, un abstracteur de quintessences, absorbé dans son rêve métaphysique, éternellement figé dans ce geste doctoral, qu'il fait, toujours le même à peu près, dans les tableaux et les statues où les artistes nous l'ont représenté, — rien ne nous prouve non plus qu'il ait été intimement mêlé à tous les événements de son temps.
Au contraire.
Et l'histoire de sa vie, — où entre, sans doute, une part de réalité positive, — c'est surtout l'histoire de sa pensée, de ses écrits, de cette œuvre unique et magistrale, dont les proportions puissantes nous plongent dans une sorte de stupeur.
Eh! bien, comment pourrait-on analyser pareille vie en une demi-heure ? — Comment dépouiller de sa légende
TÊTE d'Étude [ i53
la partie proprement hagiographique, la partie vécue, appliquer aux faits la méthode historique moderne, ces procédés d'investigation et de critique qui sont la grande conquête de notre siècle, — et comment, ensuite, faire entrer, dans le cadre étroit d'un panég^'rique, cette pensée si vaste, si curieuse de tout, qui s'est promenée dans tous les domaines de l'idée, et qui s'est exprimée, presque toujours d'une manière définitive, sur toutes les questions qui puissent passionner l'esprit humain ?
Vous le sentez, ce n'est ni le temps ni le lieu d'entreprendre pareille tâche.
Aussi, voulons-nous, plutôt, esquisser cette grande figure de saint Thomas, l'enlever devant vous, en touches larges et vagues, mais suggestives, peut-être, de vérité et de nature.
Les portraitistes exposent parfois, au Salon, ce que l'on appelle, en style d'atelier, des « têtes d'étude ».
Ce sont des linéaments, à la fois précis et flous, des figures où les traits réels sont comme empreints de rêve, flottent dans un délicieux clair-obscur.
Et pourtant, ces lignes inachevées disent tout. Le modèle revit, là, dans sa physionomie essentielle, — avec ua charme discret, dans un lointain mystérieux et très doux, qui font de cette chose incomplète, — et, comme à peine éclose, — une œuvre plus attachante que ne serait un portrait fini.
Notre main est, certes, trop inhabile pour représenter saint Thomas en « tête d'étude » parfaite.
Mais, vous êtes tous si bons, que vous aimerez quand même notre humble travail, — et je ne serais pas surpris
que votre indulgence extrême allât jusqu'à vouloir lui trouver quelque mérite.
Messieurs
Comme me le disait, l'autre jour, le penseur éminent que vous reconnaîtrez sans qu'il soit besoin que je le nomme ^, — l'œuvre de saint Thomas est tout ce qu'il y a de plus impersonnel. Jamais auteur n'a moins voulu faire étalage de son « moi » dans ses écrits, ni se servir de ses livres pour écouler ses états d'âme.
Les écrits thomistes sont l'antithèse de la forme romantique, et de cette autre manière plus récente, et qui en est l'exagération suprême, en vertu de laquelle certains écrivains se croient le droit et le devoir d'initier le public à leurs mouvements intérieurs les plus secrets, et pas toujours les plus édifiants.
Pourtant, si impersonnelle que soit l'œuvre de saint Thomas, et quelque contraste qu'elle présente avec nos modes littéraires, elle est encore, dans une bonne mesure, révélatrice de son âme, expressive de son génie.
Car, — et c'est un principe qui revient souvent sous la plume de l'illustre Docteur, — tout être agit conformément à sa nature. Nous mettons quelque chose de nous, un reflet de notre personnalité, dans chacune de nos actions.
I. Le T. R. P. M.-J. Lagrange, desfr. prêch. — M. S. T. — Directeur de l'Ecole Biblique de Jérusalem.
TÊTE d'Étude [ ^55
Et Buffon n'a-t-il pas traduit, et comme buriné, cette vérité première, devenue l'un des grands axiomes de la scolastique, quand il a dit : « Le style, c'est l'homme » ?
Si donc nous considérons l'œuvre de saint Thomas dans son ensemble, que nous apprend-elle sur son auteur ?
Ce qu'elle nous apprend, c'est d'abord, il me semble, que ce moine fut bien de son temps, qu'il en incarna les aspirations les plus hautes et les plus idéales. Ce Docteur est éminemment représentatif de toute une longue période du moyen âge.
Quelle était alors, en effet, la note dominante, et ce que l'on est convenu d'appeler la mentalité? Quelle était la chose en faveur, non pas seulement chez une petite élite intellectuelle, mais parmi des foules énormes d'étudiants et de peuples ?
Le goût régnant, c'était, si je ne me trompe, celui de la spéculation pure, des théories abstraites.
Aujourd'hui, l'on se passionne pour le fait, l'on est avide de choses positives. L'on ne recule devant aucun effort pour vérifier une date ou un détail d'histoire. L'on fouille les villes mortes, l'on aime à se plonger dans les civilisations disparues, pour tâcher d'en évoquer la vie antique et souvent glorieuse.
Tandis que le moyen âge, c'a été le règne des disputes d'écoles. Les êtres de raison avaient, pour ces hommes lointains, toute la valeur de réalités vivantes.
Rappelez-vous, par exemple, avec quel enthousiasme, la foule se portait sur la place publique, pour entendre Abailard disserter sur les universaux.
Cette question, et tant d'autres, qu'aujourd'hui l'on quali-
fie de oiseuses, faisaient courir alors des peuples entiers aux leçons de tel docte professeur.
Ah ! ne nous moquons pas trop vite de ces modes évanouies.
C'est Renan, qui, dans ses Souvenirs cT enfance et de jeunesse^ se félicite d'être né de parents qui n'avaient pas connu le travail de pensée.
« Si je puis tant écrire, — dit-il en substance, avec son habituelle modestie, — et réaliser toutes mes œuvres d'intelligence, c'est grâce aux économies de labeur cérébral, accumulées dans ma famille, depuis de longues générations.»
Nous ne savons trop que penser de ce cas particulier, ni si le grand sceptique prenait lui-même au sérieux sa propre affirmation.
Mais, malgré notre peu d'autorité, nous nous permettrons de dire tout le contraire, pour ce qui regarde l'âme moderne. L'âme moderne doit, en bonne partie, aux spéculations métaphysiques de ses ancêtres moyen-ageux, de pouvoir s'adonner avec fruit aux études de son choix; — elle leur doit ses subtilités, ses souplesses, ses finesses, parfois maladives, toujours distinguées et rares.
Qui niera, en effet, que les disputes, scolastiques et surfines, des intellectuels d'alors, aient leurs lointaines conséquences dans cette mentalité contemporaine, d'essence si exquise?
Quoiqu'il en soit de ce problème psychologique, le moyen âge a été un fervent des idées pures, des théories abstraites.
Et l'œuvre philosophique de saint Thomas est la plus complète synthèse, le reflet, si vous le voulez, des tendances
TÊTE d'Étude [ ^57
les plus caractéristiques de cette époque. Là sont exposées, mises en corps de doctrine, résolues avec une raison supérieure, un jugement toujours sûr de lui-même, les questions qui faisaient alors la vie des esprits.
Saint Thomas est entré dans le vif de son siècle. Il en a compris et résumé les aspirations les plus idéales. En son œuvre revit toute une période de l'histoire de l'esprit humain.
Ce moine, ce docteur, si éminemment de son temps, très au courant des idées en faveur alors, épris de la grande passion intellectuelle de son époque, a formulé un vaste système philosophique, dans lequel il a fait entrer des données antiques, et qui reste, pour nous, l'enseignement rationnel le plus juste et le phis solide qu'il y ait.
Je viens de prononcer le mot de « données antiques ».
Il est peut-être temps de bien nous entendre sur un point essentiel, et de rectifier une opinion courante, qui ne veut voir, en saint Tîiomas, qu'un assimilateur habile, un organisateur puissant, qui aurait pris de toutes pièces, chez ses devanciers, des morceaux épars, pour les faire ensuite entrer dans une combinaison harmonieuse.
Certes, il est indéniable que saint Thomas a beaucoup emprunté à l'antiquité païenne, comme aussi, pour ses œuvres théologiques et scripturaires, aux Pères de l'Eglise et aux théologiens des premiers siècles.
Son système, du moins, lui appartient en propre. Et c'était, cela seul, une trouvaille de génie.
Le mérite était grand de créer une vaste synthèse, en s'aidant de matériaux dispersés le long des siècles, et en les disposant selon des lois dont la rigoureuse et sévère beauté
centuplait leur valeur, les mettait dans un saisissant relief.
Le monument thomiste, — qui nous rappelle, par son architecture élancée et ses finesses de détails, ces merveilleuses cathédrales gothiques, nées en même temps que lui, — est l'œuvre d'un des esprits les plus admirablement déductifs que le monde ait vus.
Pourtant, il me semble que cette œuvre accuse aussi une originalité profonde, de lumineuses intuitions, des hardiesses qui étonnent.
Des hardiesses !
L'enseignement de saint Thomas a plus d'une fois provoqué des protestations très vives. Cet homme, qui comprenait si bien son temps, l'a, sur plus d'un point, devancé, et s'est attiré, de la part des représentants, officiels ou non, du conservatisme^ plus d'un outrage.
Mais l'avenir, comme à tant d'autres voyants, devait lui donner raison. Il n'est telle de ses opinions, autrefois regardée comme très avancée, qui ne soit présentée aujourd'hui comme formule de stricte orthodoxie.
Et, rien n'a plus aidé, peut-être, au développement légitime du dogme catholique, que les spéculations de ce penseur, comme aussi était-il impossible de pousser plus loin l'explication rationnelle des mystères de notre foi, de mieux concilier les données de la révélation avec les exigences de la raison humaine, de les fortifier l'une par l'autre.
Saint Thomas me frappe encore par l'étendue de son génie.
Ce n'était pas alors la mode des spécialisations à outrance. Et il n'est presque pas de domaine que sa pensée n'ait
TÊTE d'Étude [ ^59
exploré, pour en rapporter toujours des vues pénétrantes et fécondes.
Car, — et ce n'est pas le trait le moins caractéristique de sa physionomie intellectuelle, — chez lui, l'étendue ne nuit pas à la profondeur.
D'ordinaire, les études, trop variées, sont aussi superficielles. L'esprit perd en intensité ce qu'il gagne en extension.
Tandis que, chez saint Thomas, l'on ne sait lequel admirer le plus, de sa facilité à aborder tous les sujets, ou de la maîtrise avec laquelle il épuise chacun.
Et quelle puissance de travail son œuvre révèle !
Il y a quelque chose de merveilleux, dans le fait qu'une vie si courte ait pu suffire à la production de ces énormes et nombreux in-folios, qui garnissent, à eux seuls, plusieurs rayons de nos bibliothèques.
Comment, par quels prodiges d'application, par quelles économies de temps, un seul homme a-t-il pu réaliser cela? — Nous nous le demandons.
Et, — ce qui n'étonne pas moins nos esprits superficiels et distraits, — c'est la force d'abstraction de ce génie, qui se joue à l'aise dans les matières les plus subtiles, qui se sent si bien chez lui dans les spéculations les plus fines et les plus ardues.
Que, s'il vous paraissait banal d'entendre parler de mémoire, à propos d'un si grand homme, je me permettrais de vous rappeler que la mémoire est une des facultés du génie, que des critiques éminents la louent dans un Bossuet, par exemple, et que, lorsqu'on la trouve'au degré où saint Thomas la possédait, on peut, tout au moins, la signaler.
l6o ] ESSAIS ET CONFÉRENCES
I/'œuvre thomiste vaut, non pas seulement par la vigueur de la pensée, et l'absolue logique du raisonnement, mais encore par la sûreté et la richesse de la documentation. Or, la plupart des citations, celles surtout de l'Ecriture Sainte et des Pères, paraissent bien faites de mémoire.
Et, il y a lieu, je pense, d'admirer que cet homme, tout en combinant ses thèses, et en agençant ses preuves, ait pu appeler en témoignage, et de souvenir, tel ou tel philosophe, ou poète, ou théologien, ou auteur inspiré.
Un psychologue moderne, visitant la bibliothèque d'un des plus pittoresques couvents d'Italie, et y trouvant le traité de saint Iréuée contre les gnostiques, écrivait, après l'avoir parcouru tout d'un trait : « Quel merveilleux traité de psychologie, à faire rentrer dans l'ombre tous nos humbles essais \ »
Je me demande ce qu'il eut dit, s'il avait pu lire, par exemple, le traité de saint Thomas sur les passions, ou ses autres analyses, si fines, si pénétrantes, des vices et des vertus humaines.
C'est avec une sorte d'intuition surnaturelle que saint Thomas pénètre dans les replis les plus cachés du cœur. Et, s'il en décrit merveilleusement les émotions sublimes, comme il est réaliste dans la représentation de nos laideurs secrètes! Comme il démonte habilement tous les rouages de notre économie intime !
Ce Docteur, ce Vierge, dit le mot, absolu et définitif, sur nos plus dramatiques passions, comme sur les plus suaves respirations de notre être. L'âme humaine, — l'immor-
I. Paul BOURGET, Sensations d'Italie. Visite à Monte Oli veto.
TÊTE d'Étude [ i6i
telle Psyché, — la même à travers tous les âges, la même avec des modalités différentielles, plus ou moins accentuées, — passe devant son regard scrutateur, et il la décrit en des pages fameuses, qui seront toujours nouvelles et jeunes, comme le modèle même qui les a inspirées.
Et je me rappelle aussi avoir rencontré quelque part, dans son œuvre immense, un mot, mais un mot exquis, sur les larmes, qui ferait le sujet du plus délicieux sonnet.
Enfin, — et quoiqu'il puisse y avoir de paradoxal à l'affirmer, — saint Thomas fut poète, et très grand poète.
Nous n'entendons pas parler de l'espèce de poésie, que d'aucuns veulent voir dans la belle ordonnance et l'inspiration supérieure de son œuvre.
A ce compte, on peut trouver de la poésie partout, fût-ce dans un traité de mathématique ou de géométrie.
Non.
Nous voulons parler de la vraie et essentielle poésie, de cette chose qu'on nomme d'un mot qui signifie création, et qui est bien, en effet, de toutes les productions de l'esprit humain, celle qui se rapproche le plus de l'admirable faire divin.
Or, dans ce sens, saint Thomas fut poète, et très grand poète. Ses poèmes eucharistiques, ses hymnes au Sacrement par excellence, suffisent à lui assurer cette nouvelle gloire.
Son front est vraiment digne de ceindre la couronne de laurier.
On me citait cette parole d'un de nos bons vieux juacstros^ qui, malgré des dons d'imagination et de parole peu ordinaires, avait toujours été tenu à l'enseignement de la haute théologie : — « Quel malheur qu'on ne m'ait pas plutôt mis
l62 ] ESSAIS ET CONFÉRENCES
à la prédication ! La langue française y a perdu de belles métaphores. »
Je ne sais si la langue, latine ou italienne, a perdu beaucoup, par le fait que saint Thomas n'a pas laissé libre cours à son merveilleux instinct poétique. Car, cette flamme divine de la poésie, il a plutôt cherché à l'éteindre.
Une seule fois, et par obéissance, l'a-t-il laissée briller. Et il en naquit un chef-d'œuvre.
Mais nous avons de quoi nous consoler, dans la contemplation du monument, grandiose et solide, que son génie a édifié.
D'ailleurs, si l'œuvre, théologique et philosophique, de saint Thomas n'eut existé, aurions-nous eu la Divina Commedia?
Et, je n'oserais vraiment affirmer qu'il eût été plus honorable, pour notre illustre Docteur, d'être lui-même uniquement poète, que de fournir au sublime Florentin les moyens de l'être, tellement, et immortellement, en préparant les matériaux, et comme la structure, de sou œuvre quasiment divine.
Saint Thomas est mort en poète. Son dernier « geste » fut d'un inspiré.
Il y a quelque chose d'éminemment poétique, dans le fait de ce Docteur, commentant, à ses derniers moments, pour les moines de Fossa-Nova^ le Cantique des Cantiques.
Saint Jean l'Evangéliste, — l'aigle mystique, le profond penseur, — exhalait son dernier soupir dans im simple chant d'amour :
« Filioli\ diligite alteruirum, »
TÊTE d'Étude [163
C'est aussi par un chant d'amour que saint Thomas a voulu clore sa trop brève existence.
Comme oublieux alors des spéculations abstraites, — il a laissé vibrer sa lyre, en des accords suprêmes, pour célébrer les délices que son âme virginale allait éternellement goûter . . .
Messieurs
J'ai fini cette «tête d'étude», — encore que le \no\. fini soit peut-être impropre, dit d'un travail dont le caractère essentiel est d'être et de paraître inachevé.
Toutefois, — et l'aveu en est absolument sincère, — son imperfection ne tient pas tant à sa nature même, qu'à l'humble talent et à l'inexpérience du peintre.
Le modèle nous dépassait trop, de toute façon, pour qu'il nous fut possible d'en évoquer, bien facilement, les lignes fières, les traits nobles et exquis. Et, nous n'avons jamais regretté davantage que notre habileté ne fut pas'|à la hauteur de nos aspirations.
Au reste, je suis bien assuré que votre indulgence, — plus grande encore que notre faiblesse, — n'a voulu voir les lacunes de notre œuvre, que pourries combler aussitôt.
Eut-elle été mieux faite, plus poussée, qu'elle n'eut, aussi bien, rien appris, à plusieurs d'entre vous, déjà familiers avec la pensée et le génie du Maître.
Je termine donc en demandant à ce frère auguste, pour
VOUS, Messieurs, et pour nous tous, qui sommes, selon l'expression de Dante
. . . degli ag?ii de Ha s an fa greggia Che Dotiienico mena per cammino. . .
\a grâce de pénétrer, plus à fond, son incomparable doctrine, et d'imiter, de plus près, ses vertus.
Le Cimetière de mon Village