VIOLETTES
Délicieux jour.
Au matin, le ciel est opale. Sur ce joyau, si finement nuancé, voguent des nuages perle. Aucune vapeur ne tamise le paysage. Vals et collines ressortent en clair dans leurs moindres détails, A mesure que le soleil monte, le ciel bleuit, et, sans doute, son saphir n’a ni la richesse ni la profondeur limpide de celui d'Orient. Mais qu’il est beau encore !
Dans sa pâleur changeante, son imprécise langueur, sa tendresse, il ressemble, peut-être, à ce
bleu dont je meurs parce qu’il est dans des prunelles...
Comme la petite maison blanche, à persiennes vertes, là-bas, à mi-côte, s’enlève élégamment sur fond pur, se profile, gracieuse, élancée, dans la libre atmosphère !
Je visite un jardin d’hiver. J'éprouve une sensation très particulière à me voir parmi les héliotropes, les mauves, les fougères, les mousses, les lierres, entouré de verdures et de couleurs, quand, au dehors, la reprise de la vie s'annonce à peine dans les bois et dans les champs. — Bénie soit la main qui cueille ces violettes, pour me les offrir! Fleurs de déli. Catesse, je vous garderai précieusement. Même séchées,
décolorées, quand votre Pourpre sombre sera éteinte, et vos pétales seront fanés, j'aurai plaisir à vous contempler, à
respirer votre arome, Une bonne odeur de sympathie s’exhalera de vous toujour: