IA VIERGE ET EA RUMIÈRE
C est aussi la raison des privilèges uniques, des grâces infinies dont le ciel la combla, — grâces qui ont, en quelque sorte, porté Marie jusque sur les frontières du divin, et l’ont rendue aussi voisine de Dieu qu’il était possible à une créature humaine de le devenir. Car, ce n’est pas seulement la race des hommes que Marie domine de toute sa dignité de Mère du Verbe, mais toutes les hiérarchies célestes : Archanges, Trônes, Dominations, Chérubins, Séraphins saluent en elle leur Reine. Pour la voir, il leur faut lever les yeux vers les hauteurs où trône Dieu luimême, plonger jusqu’au cœur de l’inaccessible clarté où la Trinité Sainte a son habitacle.
La lumière est belle. — Cette affirmation n’a pas besoin d’être démontrée. On en fait l’expérience tous les jours. Et, certes, ce n est pas quand on a vu la lumière incomparable de l’Orient qu’on peut douter de la magie, des séductions qu’opère la clarté. Car, la lumière a ceci de particulier, qu’elle n’est pas seulement belle en soi, et de par sa nature propre, mais encore qu’elle fait ressortir l’ordre et la beauté de l’univers. Sans la lumière, en effet, que deviendrait notre monde? N’est-ce pas à elle qu’il doit sa gloire? Et aussi, c’est bien un corps que la lumière. Cela se décompose, s’analyse, tout comme une autre substance. Et pourtant, cela est si pur, si subtil, si agile, si impondérable, que rien, dans la nature physique, ne peut
mieux nous donner uue idée de ce que c’est que l’esprit.
— La beauté ! — ah ! comment Dieu n’eu eût-il pas revêtu la Vierge de Nazareth? La beauté, c’est une perfection. Et il eut donc manqué quelque chose à celle que Dieu avait créée avec tant d’amour, si ses traits n’eussent été d’une régularité plastique absolue, et si le type sémitique n’eut trouvé en elle son exemplaire le plus accompli. La Vierge fut belle, belle à désespérer les plus grands artistes. Vous savez les gestes découragés des plus célèbres peintres, dans leurs tentatives infructueuses pour évoquer la Madone. Combien son visage, qu’ils entrevoyaient en rêve, leur paraissait trop pur et trop céleste pour être fixé sur une toile ! Car oui, la beauté de la Vierge, faite d’intégrité et d’harmonie, s’avivait encore de l’irradiation qui venait de son âme, comblée de tous les dons. L’âme étreignait en elle la forme extérieure, et l’imprégnait des qualités de l’esprit. C’est le cas de lui appliquer la parole de l’évangile : tout son corps était lumineux.
Et le monde surnaturel n’est-il pas éternellement embelli par la présence et le rayonnement de la Vierge ? Estce que l’église catholique n’emprunte pas à son culte un charme, une poésie, qu’on chercherait en vain dans les autres confessions? — Marie est la douce clarté sans laquelle l’univers spirituel, l’empire des âmes, serait froid et obscur, manquerait de cet éclat tendre qui attire et qui retient
La lumière est bonne. — Bonitas, suî diffusiva , disent les philosophes. La bonté, c’est une puissance qui aime à se donner, a se répandre. Or, qu’y a-t-il de plus expansif, de