‹ Essais et conférences [par] Henri d'Arles. Henri d'Arles [pseud.]Chapitre 31 sur 40 · Cant. II, 10 et seq. IV · texte numérisé non relu

Cant. II, 10 et seq. IV

tapisseries artistement et amoureusement ouvrées 1 », — n’était autre que le Christ.

— Mystère que cette union éternelle de Jésus avec une créature d’élection, — cette assomption d’une âme au rang supérieur d’épouse du Verbe Immaculé, — mystère éblouissant, à force de blancheur ! O noces ineffables de l’Agneau Divin avec telle ou telle fille des hommes, comme vous dépassez infiniment les réalités terrestres ! Et, comme il faut être pur soi-même, pour comprendre quelque chose à votre nature, toute en ténuités et en clartés !

Et donc, Très Révérende Mère, — à peine le Christ Jésus, séduit par la transparence extrême de votre âme d’enfant, vous avait-il fait entendre sa pressante invitation, que vous Lui répondiez, avec ferveur, dans toute la grâce naïve de vos seize ans : « Ego dilecto meo. » — « Je suis à mon bien-aimé. » — « Dilectics meus mihi , et ego illi. » « Mon

bien-aimé est à moi, et je suis à Rui. » — « Trahe me post te. » « Entraîne-moi après toi. »

Après toi, dans les champs de lys où tu aimes à paître, qzii pascitur inter lilia ; — après toi, dans les jardins où tu cultives de grandes fleurs merveilleuses ; nous y verrons si la vigne pousse, si la fleur s’ouvre, si les grenadiers fleurissent, si floruit vinea , si flores fructus parturiunt , si floruerunt mala punica ; après toi, au parterre d’aromates, in hortum snum ad areolam aromatnm ; — après toi, vers la montagne de la myrrhe et vers la colline de l’encens,

x Ferculum fecit sibi Rex . . . de lignis Libani. Columnas ejus fecit argenteas, reclinatorium aureum , ascensum purpureum media caritate. Cant. III, 8-10.

vadam ad montent myrrhœ et ad collent thuris. Oui, oui, ô bien-aimé, donec aspiret dies et inclinentur umbrœ , jusqu’à ce que luise le jour sans déclin et que les ombres de la terre se dissipent, je veux te suivre dans toutes tes voies, étranges et adorables, courir à l’odeur de tes parfums. Traite me post te ; curremus tn odorem unguentorum tuorum.

— Car Jésus, est, en effet, un époux très particulier. Et il exige, de sa fiancée, des choses rares.

— Veut-on savoir, au juste, quel II est, cet Epoux divin, — ses goûts, ses attributs, ses habitudes, — et ce qu’il attend, par conséquent, de l’âme à laquelle il daigne s’unir ? Ecoutons. C’est la fiancée qui parle, — la fiancée idéale, — prototype, exemplaire éternel de toutes les autres :

Mon bien-aimé est blanc et vermeil :

Il se distingue entre dix mille.

Sa tête est de l’or pur,

Ses yeux sont comme des colombes Au bord des ruisseaux Se baignant dans le lait.

Ses joues sont comme un parterre d’aromates, Une couche de plantes odorantes.

Ses lèvres sont des lis D'où découle la myrrhe.

Ses mains sont des anneaux d’or Garnis de chrysolithes Son palais n’est que douceur,

Et toute sa personne est charmante.

Il se nourrit parmi les lis. . . 1

Que peut donc vouloir dire cette poésie infiniment savoureuse ? — Ah ! le symbolisme en est, à la fois, transcen-

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