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On aura remarqué que la deuxième et la troisième mesure rappellent le début de Frère Jfi('</ucs. (pu; hnis les enfants savent jiar cœur.
Tandis (jue le Alal de danse agonisait, la
\. Les fragments de musique que nous donnons ici sont empruntés à un volume d<; vieux airs que .M. iJiJiime a joint h son volume de texte. C'est un très agréable recueil.
Danse des Moiis faisait son entrée sur la scène. Est-ce un [)ur hasard? Chacun en décidera seh»n qu'il lui plaira, car nous en sommes réduits ici aux conjectures. Voici ce que rapporte M. Bôhme de la naissance de ce divertissement fameux, dont tant d'artistes se sont inspirés :
« Que sait-on de la première Danse des Morts? On raconte qu'un aventurier nommé Maccaber vint à Paris en 1 424 avec les Ang-lais, qui inondaient alors la France, et se logea dans une très vieille tour, datant peut-être du temps des Romains. Proche la tour était une chapelle entourée d'un cimetière. Ce Maccaber, qu'on représente comme une espèce de squelette, paraît avoir produit, par son aspect, une vive impression sur l'imagination du peuple, qui lui attribuait des pouvoirs surnaturels. Mais sa grande renommée date du jour où il organisa (1424) une sorte de procession — pantomime religieuse, qu'on exécuta plusieurs mois de suite et qui n'était autre que la Danse des Morts ou, d'après le nom de Maccaber, la Danse macabre. Un nombre inlini d'hommes et de femmes de tout âge étaient invités par un personnage représentant la Mort à une danse qui avait lieu dans le cimetière où habitait l'inventeur. Cet
abominable vertige (liira du mois d'août 1424 au commencement de 1425. La foule des danseurs et des spectateurs allait toujours en aup:mentant. Les églises restaient vides, parce (|ue tout le monde courait à la Danse des Morts... Cela passa, puis reprit en 1429. Voilà ce qu'on sait, et tout ce qu'on sait, sur l'origine de la Danse des Morts. »
J'en demande pardon à M. Bohme, mais on sait encore autre chose. On sait, par exemple, que la date de 1424 est de })ure fantaisie, puisqu'il est fait mention dans V Histoire littéraire de la France^ tome XXIV, page 716, des « peintures notables de la danse macabre et autres », qu'on voyait à Paris, aux Innocents, en 1407, et puisque nous possédons un texte se rapportant à 1420, où ou lit : « A Paris, vers les charniers encontre la charronnerie, à l'endroit de la danse macabre » [Journal de Paris sous Charles VI, dans Lacurne, page 120). On sait aussi que plusieurs savants ont attribué au mot macabre et à lu danse qu'il désigne des origines où le sieur Maccabcr n'est pour rien '.
\. On r.'i fait dériver notamment, et non sans vraisemblance, d'une iJamc des Murchnhi'i-s. qui la rallaclicrail aux mystères.
La question, au surplus, n'a d'imporlanco que pour les éiudils. Il nous suflil de savoir que la Danse macabre fut à la mode au xv" siècle et qu'elle a inspiré depuis lors bon nombre de considérations philosophiques dont nous ferons grâce au lecteur. Nous nous en tiendrons au commentaire charmant et profond que lui a fait le peuple, aussi grand philosophe que grand poète, en inventant au xvi« siècle une autre Danse des Morts, qui s'exécutait aux noces, dans une partie de l'Allemagne et en Hongrie.
On tirait au sort à qui ferait le mort. La personne désignée par le sort se plaçait au milieu de la chambre et les couples tournaient autour d'elle en dansant et en poussant de joyeuses clameurs. Soudain, elle se laissait choir, elle demeurait sans mouvement : elle est morte. Tout se tait, tout s'arrête. Au bout de quelques instants, danseurs et danseuses entonnent en chœur un hymne funèbre que nous donnons ci-dessous. La mélodie en est triste et belle.
ESSAIS 1;T l'AMAlSIES