‹ Essais et fantaisiesChapitre 6 sur 34 · GAILLARDE · texte numérisé non relu

GAILLARDE

(Vers 1330)

ESSAIS ET 1 ANTAISIES

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L'Italie avait aussi donné la passeraiUe, (ianso « sériciisi' cl londro », et sa sœur liiisiini.iulc ilKiconnc ', contre lafjiiellc les « cen-

1. D'après d'autres auteurs, la clia<onnc serait venue 'l'Espagne, où elle aurait été apportée par les Arabes.

seurs dos mœurs », i;ons qui no se laissent point prendre aux apparences, fulminèrent à maintes reprises durant le xyi" siècle.

La pavane trouvait grâce devant leurs yeux austères, car il n'y eut jamais danse plus noble et plus décente. Les rois et les reines la dansaient aux fêtes de cour, en manteaux de gala et robes à queue ; c'était le quadrille officiel du temps. D'après un contemporain, les dames prenaient un air modeste, baissaient les yeux et jetaient de temps à autre aux assistants un regard plein de pudeur virginale. Les cavaliers ressemblaient d'une manière frappante à des paons ou des dindons faisant la roue. On retrouve la comparaison dans plusieurs ouvrages du temps, d'où elle passa par tradition cliez les écrivains postérieurs. « Los bommos, écrivait Carré en 1783, approcliant des femmes, tendaient les bras et les mantes en faisant la roue comme les coqs d'Inde ou les paons. »

Les danses originaires do France se distinguaient en général par la politesse et la grâce. Telle l'aimable gavotte^ inventée par les montagnards du Daupbiné. Telle la courante^ qui l'xprimait. nous dit Mattlieson, le doux espoir et lo désir brûlant. Tel le menuet, né dans les

campagnes poitevines, que Schiibarl ' a comparé spirituellement à un compliment tourné h la française. M. Bolime raconte qu'il fit ses débuts à la cour de France sous les auspices de Louis XIV, « qui dansa le premier menuet à Versailles, en 1653, avec sa maîtresse ». Ces deux lignes sont un nouvel exemple de la négligence de M. Bohme en matière d'histoire. En 10.53, Louis XIV avait quinze ans, et, quelque avancé qu'il fût pour son âg-e, il n'avait pourtant pas encore de maîtresse en titre. De plus, Versailles n'existait pas, Versailles n'était qu'un rendez-vous de chasse où il ne semble point que la cour donnât dos bals, et il aurait été bien nécessaire de citer ici ses autorités. M. Bohme a eu sans doute quelque distraction, qui s'est renouvelée lorsqu'il nous a donné dans son volume II, avec la même date de 1653, le menuet composé parLuUi pour la circonstance. Il y a |)édanteric ù insister sur de semblables bagatelles; mais, la critique allemande se montrant impitoyable |)our les écrivains français coupables de distractions, on a le droit d'être minutieux et exig-eant à son tour.

L'Espagne avait envoyé la mrabandc, qui

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