‹ Essais et fantaisiesChapitre 7 sur 34 · oi.lc cl musicien allemand · texte numérisé non relu

oi.lc cl musicien allemand

LA DANSF-: 19

passa les Pyrénées en jouanl des castagnelles et en justifiant sa réputation de danse immorale. Les Français s'avisèrent de la rendre sage, et les Allemands achevèrent la conversion. Lorsqu'elle sortit de leurs mains, l'air de la sarabande, nous apprend Matllieson, « éveillait dans l'âme un sentiment de vénération ». Et c'était une majesté, une dignité, une raideur! La postérité a oublié la sarabande repentie pour ne se souvenir que de la voluptueuse pécheresse que le peuple de France salua du nom expressif de fo/ie lUEspagne et qui ne prétendait pas éveiller dans les âmes « un sentiment de vénération », bien au contraire. Elle se dansait à cette époque sur des airs provocants. Cent ans plus tard, llanidel composait une sarabande ' qui pourrait fort bien accompagner Irocession de la Fête-Dieu. Entre deux, une lettre de Mme de Se vigne, adressée de Bretagne à sa fille (24 juillet 1689), nous montre Folie d'Espagne sur la route de la vertu et admise dans la bonne compagnie :

« Nous fîmes danser l'autre jour le fils de ce sénéchal de Rennes qui était si fou, qui a eu tant d'aventures. Le fils est fait à peindre...

Page 1