ABBAYE DE SOYONS
Cette abbaye de femmes de Tordre de Saint- Benoît était originairement établie dans le bourg de Soyons en Yivarais ; mais les religieuses ayant été contraintes de fuir leur monastère pendant les guerres civiles, furent accueillies à Valence par Pierre de Leberon, évêquc de cette ville, en
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i6âi, et en 1627 elles obtinrent du roi un bmc! qui les autorisait à acheter et à faire bâtir uo;; maison conventuelle à Valence (1). La datée la fondation de cette abbaye est fort incertaine, parce que les titres primitifs et les anciens cartulaires ont été brûlés par les protestans. Dani un titre de 1 1 79 figure parmi les témoins m. abbesse de Soyons nommée Guillemette , ce qii fait remonter l'existence de cette abbaye ac douzième siècle (2). Ses plus anciens catalogue; ne vont pas au delà de Tannée 1245 , et à cetl? date ils mentionnent Tabbesse Bernarde , qui céda à Philippe de Savoie , administrateur it régKse de Valence , la justice de Soyons, l'inventaire des titres de cette abbaye rapporte aTe<: beaucoup de doléances l'apostasie de l'abbesje Louise Damanze qui , en 1 669 , embrassa I^ religion réformée (3).
Cette abbaye avait des revenus fort * considérables , et ses privilèges étaient très-étendus. Efc avait la haute, basse et moyenne justice, te
(1) Inventaire m,u, des titres de Cabbaye de Soyons, in-folio )<}<' posé à la préfectare de Valeoce, pièces cotées a* liasse, n.^ >1
(s) Gatellan, jintiquités de t* Église de VaUneê, page 378* (3) Inventaire, loco citato.
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droits de leude, de pêche, de chasse, et toutes les autres prérogatives féodales. Elle conservait précfeusement les reliques de saint Venance , évêque de Viviers , qui a laissé deux corps , selon les légendaires. Ces reliques qui avaient été brûlées par les protestans, néanmoins- furent transportées par les dames de Soyons dans leur nouveau couvent de Valence, où elles attirèrent de rechef la vénération publique ; elles guérissent encore les maladies des petits enfans , mais leur miraculeuse intercession est vainement invoquée par les grandes personnes,
PENDENTIF DE TALENGE ET AUTRES M ONUMENS,
Au nord de Téglise d^ Saint- Appollinaire , dans l'emplacement occupé autrefois par un cimetière, s'élève un petit édifice à quatre faces égales , destiné à conserver les dépouilles mortelles de la famille de Mistral, Ses angles sont flanqués de colonnes d'ordre corinthien à demi engagées. Sur les faces qui courent au levant^ au couchant s'ouvrent deux grandes fenêtres, et sur la façade du nord une porte , ornées de petits travaux d'architecture d'une grande délicatesse. Les massifs de chaque face sont vermîculés et semés d'arabesques et d'animaux fantastiques. La cor-
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niche, qui oi&e des détails précieux, est surchargée des armoiries de la famille de Mistral. Ujie toiture à quatre faces et terminée en pointe couronne l'édifice. La voûte de ce monument attire l'attention des gens de l'art : c'est la p^^ mière de ce genre qui ait été faite en France; aussi a-t-elle conservé la dénomination de voûte du pendentif de Valence (i). Il est à regretter que cet édicule soit tombé en de profanes mainS; parce qu'il se dégrade chaque jour, et que ce qu'il -pouvait offrir de remarquable disparaîtra bientôt.
La maison occupée par M. Marc Aurel est uq des monumens les plus curieux de l'architecture du quinzième siècle. La façade est décorée de sculptures de fort bon goût, d'une grande quantité de figures en ronde bosse , de plusieurs statues grotesques , et de quatre énormes têtes représentant les quatre vents. Les portraits et les statues sont entourés de légendes en écriture gothique. Les arceaux du rez-de-chaussée et les fenêtres du premier étage ont été mutilés , ainsi qu'une partie de la façade : c'est une perte pour l'histoire des beaux arts.
(i) Dictionnaire encyclopédique, Terbo Pendentif de Valence.
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Qn rencontre aussi dans différens quartiers de Valence des vestiges de quelques vieux édifices , jadis habitations somptueuses des nobles de la cité.
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