‹ Essais historiques sur la ville de ValenceChapitre 18 sur 50 · LE PALAIS ROYAL ET LE COUVENT DES RÉCOLLETS · texte numérisé non relu

LE PALAIS ROYAL ET LE COUVENT DES RÉCOLLETS

Le I^alais Royal est désigné ainsi dans les vieux titres : Manerium ou Stabulum Delphiniy manoir ou hôtel du dauphin. Roaldès le nomme le Longîs du Daulphîn (i), Belleforest le Palais

(i) Roaldès, Fragmcns sur Valence, M.ss. de U hibllolhèqae royale, n.« 3oa.

SUR VALfiNCfi. 177

Aoyàl (1). Ce palais servait d'habitation aux dauphins lorsqu'ils séjournaient dans la ville 4 il lêtait bâti à l'angle méridional de la rue Saunière. Il fut élevé en i45o par le dauphin Louis , à qui les habitans avaient cédé la partie des murailles de la ville dans laquelle se trouvait enclavée là pdrtè Saunière , (Cession faite à titre de reconnaissance de la protection que le prince s'était engagé à leur accorder (2). De vieilles chartes font meiition d'un palais des anciens dauphins de Viennois à Valence , et c'est une tradition non encore éteinte que saint Louis ayant mis le siège devant le château de la Roche-* de-Glun , fut hébergé par le dauphin c!n son châtel de Valence.

Avant la révolution, un hilÉte de Louis IX décorait le fronton de là porte du couvent des Récollets bâti sur l'emplacement du Palais Royal. C'était un monument confirmatif de l'autorité de la tradition. Le Palais Royal étatit tombé en ruines , les Récollets obtinrent de Louis XIII

(i) Belleforest, Cosmographie^ chap. Faïence et plan*

(a) Aimari Bivalliî, De AUobrogibus , M.ss. de la bibliothèque^ royale, d." 6,014* cap. Falentia» — Gborier, Histoire du Dauplùné, tome II, page 44^* — Archives des Récollets transférées à la préfec'^ ture de Valence, liasse renlermaDt toutes ces transactions, non cotées

le droit de construire sur le même emplacemen leur maison conventuelle et une église (i).

ABBAYE DE TEBBIAISOBi.

On ignore l'époque précise à laquelle fu.

fondée Tabbaye de Vernaison; cepcDdant or voit dans le cartulaire de cette maison qu Tabbesse Marie la gouyernait en 121 3 (2). El s'appelait dans lorigine de Commerci ou dt Gommiers. La famille de Ghâteauneuf la dotj richement, et lui donna d'immenses métairies

situées sur les deux rives de l'Isère. Cette abbait

était composée primitivement de trente religieuses ; mais ce nombre diminua lors de 53 translation à Valence, qui eut lieu en i5i6.

en vertu du consentement de l'abbé de Léonce: et du clergé de Saint-AppoUinaire. Le relâchement s'était introduit dans le couvent à Vernaison plusieurs années avant la révolution ; les religieuses avaient tempéré les rigueurs claustrales par les douces commodités de la vie mondaine : elles donnaient à manger , recevaient h

(i) Voyez les Notes et pièce* Juslificaiives, n.«» Zj.

(a) Registrum m. m. conventùs de Vernaiio, in-4*, M.gs. déposé i la préfecture de Valcacc.

noblesse et les hommes du bel air, comme on disait jadis, et n'étaient point, dit-on, insensibles îiux hommages qui leur étaient adressés. Cette infraction à la règle éveilla la vigilance de plusieurs évêques , qui leur adressèrent souvent de sévères et d'inutiles réprimandes. Elles étaient religieuses nobles , et savaient à propos secouer le joug de la puissance épiscopale. Une partie des bâtimens du couvent de Vernaison a été convertie en caserne de gendarmerie; Tautre a été démolie, et sur son enjplacement a été bâti un palais de justice. La construction de cet édifice, qui est à peine achevé après dix longues années de labeurs, a été l'objet de vives controverses entre MM. les préfets de la Drome et l'autorité municipale, et a permis à la sagacité du génie administratif de se développer d'une manière aussi ingénieuse qu'utile au pays.

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