RUFFI
3o4 ^ NOTES ET PIÊCI»
On trouve dans les archives de la mairie de Valence plusieurs chartes relatives aux octrois et aux privilèges fiscaux de la ville.
La première , par ordre de date , est de Tempereur Sigismond ; elle est du 26 jsCnvier 1^16. L'emperetur accorde , par cette charte , aux Valentinois la faculté de racheter leurs censés au prix de vingt pour cent ( 1 ) .
Charte confirmative des précédentes immunités , accordée par Louis XI , en 1/^8 , portant création de deux foires et le maintien du droit de sortie, cotée d'armoire 1", n.* 22, lettre K Idem, cotée d'armoire 1'% n.* i3, lettre H.
Homologation de cette charte faite par Louis de Laval ^ gouverneur duDauphiné, le 16 octobre i45o, approuvée par Jean, bâtard d'Armagnac , conservateur des privilèges de Valence , le 17 octobre i45o , aux folio 9 et i3 de l'inventaire des chartes des archives de la mairie de Valence.
Les Valentinois se plaignent à Louis XI que
leur evêque , Jean de Poitiers , leur conteste la
(1) Cette charte est cotée d'armoire i**, n.» 6, lettre £•
. JUSTIFICATIVES. 3o5
propriété de leurs octrois. Louis confirme leurs
privilèges par lettres patentes données à Tours ,
le \2 octobre i46ij cotées d'armoire i", n.* ii,
lettre H.
En novembre 1 483 , Charles VIII confirme les
mêmes privilèges.
Lettres patentes confirmatives , savoir :
De François I" , données à Lyon , en mars i5i5, cotées d'armoire i", n.* i3, lettre H;
De Henri II, données à Rheims, en juillet i547 » cotées d'armoire i", n.* 17 , lettre H ; .
De Henri III, données à Paris, en juillet 1576, cotées d'armoire 1", n.* 32, lettre H;
Dé Henri IV , données à Lyon , en septembre 1596, cotées d'armoire 1'% n.* 34 9 lettre H;
De Louis XIII , données à Amboise , en mai 1619, cotées d'armoire 1", n.° 36, lettre H.
Toutes ces chartes furent mises sous les yeux du conseil d'état par les consuls de Valence , et motivèrent l'arrêt du 22 février 1684. (Vide procédure cotée dossier n.* 4» )
Roaldès pçétepd que le consul Fabius avait une villa et des jardins délicieux à Faventînes , près de Valence. « Fabius , lit-on dans ses fragmens
3o6 NOTES ET PIÈCES
manuscrits sur Valence , » feict un chatteau en » ung cotteau au dessus des belles fontaines, » dont il en feinct conduire , Tune par canals » dans la ville, et l'autre laissa pour arrouser îL ses jardins , et ha enchore le nom de Faven- 9 tines. i3a ans avant Jésus Christ •.
Le récit de Strabon est absurde ; sont absurdes aussi les récits qu'enfante une aveugle exagération nationale. Le géographe grec nous conte que deux cent mille Arvemes , commandés par leur roi Bituitus , vinrent attaquer l'armée romaine forte seulement de trente mille hommes; que Bituitus avait des bataillons de chiens qui manœuvraient d'après les règles de la tactique militaire, et dont le nombre était assez formidable pour renverser les phalanges ennemies. Et voilà que tout à coup cette poignée de soldats romains culbute dans les flots du Rhône ou tue avec le glaive cent cinquante mille Arvernes , et sans doute les chiens aussi, sans qu'ils puissent trouver leur salut dans la fuite (i). Que penser de Strabon qui cependant était un auteur grave?
(i) Strabo, lib. IV, pag. aoa.
sa plume adulatrice nous a transmis des fables ridicules. Que de récits mensongers ont consacré la gloire romaine!
Yoici comment Guy AUard écrit cette inscription (i) :
VINDAVSCIAE PETRONIAE IIVS. AELIANVS CONIVG. SANT.
SIMAE
Belleforest, dans sa C ossmo graphie ^ tome I, page 328 , rapporte la même inscription avec de légères variantes :
VINDAVSCIAE PETRONIAE IIVS AELIAM.S CONIVGI SANT SI MAE.
(i) Guy AUard, Dictionnaire m.ss. da Dauphiné, ia-f.« déposé à la bibliothèque de Grenoble, verbo Fatence*
3o8 NOTES ET PIÈCES
Duchesne , dans ses Antiquités et recherches des villes de France^ II"* partie , livre IV, page 160, rapporte la même inscription et l'écrit comme Belleforest.
FRAGMENT DU MANUSCRIT DE ROALDES sua LES ANTIQUITÉS DE VALENCE (l).
• Au mur de porte Saulnière de Valence sur le Rhodne , s'est trouvé en une pierre de chouin fort ancienne et couchée travers antique ceterat. , une scripture sculpée en grosse lectre gothique, que ce qui s'en suit ( Voyez l'inscription). Et en l'aultre portai faisant Tung des coings du palais, j ha au bas du piur une aultre grosse pierre de chouin , en la quelle est sculpée en grosse lectre antique romaine cette diction : ARCEIA ; à la quelle parce qu'elle a esté prinse de quelque aultre plus ancien monument, puis taillée et appliquée là au nouvel édifice , sans discrétion de ce qu'elle contenait avant qu'elle fût là appliquée , monstre qu'elle a esté tirée de quelque ruine d'aultre plus ancien édifice ».
(1) M.88. de la bibliothèque royale, fonds de Lancelot, n.« Soa.
JUSTIFICATIVES. ÔOQ