EVENEMENTS DE LÀ REVOLUTION
Depuis long-temps , le besoin de liberté se faisait sentir : chaque jour le malaise de la société s'exprimait par des troubles et par des discussions orageuses , au sein des Etats et des Parlements. En Bretagne surtout , l'on gémissait des prérogatives exorbitantes de la noblesse ; on les jugeait de plus près , et l'on en souffrait d'avantage. Il ne fallait qu'une démonstration hostile contre les abus pour soulever le peuple, et cette démonstration fut faite.
Le premier novembre 1788 , Ton procédait à Nantes aux élections des députés du Tiers- Etat qui devaient aller siéger à Rennes ; lorsque le peuple , assemblé en masse , adresse une requête au bureau municipal chargé de faire les élections. M. Giraud-Duplessis , procureur syndic du roi, demande que cette requête soit examinée; et, par suite d'une délibération du corps municipal , les mandataires nommés furent chargés de réclamer au nom du peuple : 1.° que le Tiers-Etat eut un député, avec voix délibérative, par 10 mille habitants, et que ce député ne put être noble, ni annobli, ni délégué, sénéchal , procureur fiscal , ou fermier des seigneurs; 2.° que l'élection de ces députés fût à deux degrés ; 3.° que les députés du Tiers-Etat fussent égaux en nombre à ceux des deux autres ordres , dans toutes les délibérations et que les voix fussent comptées par tête? i.° que les curés , remplissant cette fonction depuis 10 ans, fussent admis , quoique roturiers, en nombre convenable dans l'ordre du clergé et que Tune des places de procureur général syndic appartînt au peuple ; 5.° que les corvées personnelles fussent abolies et l'impôt réparti également sur toutes les possessions. La délibération n'était pas encore signée que le peuple , ayant à sa tête MM. Cottin , Chaillon et plusieurs autres , se présenta pour appuyer les conclusions de M. Giraud : elles furent acceptées , mais il y eut ré-
sis tance de la part de quelques membres ; aussi , le même ynir x le peuple se réunit une seconde fois , et MM. Giraud-Duplessis , Cottin , Cbaillon , Vîdement , Gadou fils , Clavier , Jarry , Mynier , Blin , Bisson , Dubern et Varsavaux furent choisis pour aller à Paris présenter au roi une copie de la requête des habitants de Nantes , et demander , en leur nom , la permission de s'assembler pour délibérer sur leurs affaires , chaque fois que les circonstances l'exigeraient.
Le 18, cet arrêté de la Mairie contre lequel avait protesté une partie du bureau > fut dénoncé au parlement et supprimé par un arrêt ; mais , aussitôt l'arrêt connu , les corps de métiers et les habitants se réunirent de nouveau : et choisirent , pour correspondre avec la députation , MM. Baco , Guinebaud, Paul Bernard , Tessier , Bridon , Louvrier 9 Leroux et Mellinet. Ils les autorisèrent à réunir le peuple et à faire tout ce qui, paraîtrait nécessaire- pour le succès de la demande.
MM. Plumard , Bodin des Plantes , Geslin , Chardot étaient ceux qui faisaient opposition dans le conseil municipal ; pour les en écarter, le 2 décembre , la commune décida qu'il serait adressé une seconde demande au roi 9 afin d'en obtenir une nouvelle formation du conseil de ville ; en même temps elle réclama l'autorisation de Dpmmer directement les députés <fc la prch
vince, le droit, pour le Tiers-Etat, d'être admissible à toutes* les charges de la magistrature, des services de terre et de mer, des institutions royales et provinciales , enfin l'abolition des francs fiefs.
Le 15 décembre, le député Giraud exposa aux ministres le but de sa mission : il leur montra combien le peuple se plaignait, à bon droit, de payer seul les charges de l'état , et demanda une répartition proportionnelle de l'impôt. Il faut, ajouta-t-il, que le tiers-état soit représenté , de manière à n'être pas opprimé par les autres ordres ; ce qui ne peut avoir lieu , si l'on n'a pas égard aux pétitions dont il est porteur. Les miuistres l'accueillirent convenablement , mais ils renvoyèrent sa demande aux Etats de Bretagne, en promettant , cependant, d'user de l'omnipotence du roi, s'ils refusaient d'y avoir égard ; quant à l'abolition des francsfiefs, ils lui dirent que c'était un article & part, au sujet duquel ils se proposaient de présenter une loi commune à tout le royaume. <Le 20 décembre, Giraud, de retour à Nantes, rend compte de ses démarches, et propose de nommer des députés extraordinaires aux Etats, avec mission de surveiller la conduite des autres. Il est appuyé par MM. Collin et Baco. Cette demande reçoit l'approbation de la commune, et tous les trois sont choisis avec MM. Chaillon, Jarry, Chanceaulme, Genevois et Mellinet, pour remplir cette mission,
Les Etats s'assemblèrent; les députés ordinaires et extraordinaires de Nantes, s'y rendirent ; mais il fut impossible de rien obtenir en faveur de l'ordre du tiers de la part des deux autres. Le Roi , fidèle à sa promesse, prononça la dissolution de l'assemblée, en l'ajournant à l'année suivante. Les députés du peuple obéirent et se retirèrent; ceux de la noblesse et du clergé , persistèrent a vouloir régler seuls cette affaire importante. Toute la province en fut indignée, les habitants de Rennes, et surtout les jeunes gens des écoles, témoignèrent hautement leur mécontentement : des rixes s'en suivirent, dans lesquelles deux jeunes gens furent tués par les nobles , qui avaient fait feu sur le peuple; aussitôt un député vint à Nantes solliciter du secours , et le jour même, à 7 heures du soir, il y eut réunion à la Bourse. Il faisait extrêmement froid: l'âpreté de la saison semblait ajouter encore à l'irritation des esprits. Le représentant de la jeunesse de Rennes, qui se faisait appeler Omnes Omnibus, nom remarquable en ce qu'il résumait à lui seul toute la pensée révolutionnaire, prit la parole au milieu d'une foule extrêmement nombreuse. Il commençait à peine , et des applaudissements lui apprirent quelle vive sympathie animait son auditoire ; son discours passionné, prononcé avec une voix accentuée, produisit un effet immense sur les jeunes gens
qui l'écoutaient; aussi quand, après avoir exposé tous les griefs du peuple, toute la misère du tiers-état , il s'écria : Citoyens , la patrie est en danger, marchons pour la défendre .' Ce . fut une approbation unanime , et comme une fièvre générale , on se serrait la main, on se promettait secours et appui. Séance tenante, une protestation fut rédigée. Les considérants en out été conservés , et nous les donnons ici comme propres à faire connaître l'esprit public , son exaspération , et surtout celle qui animait la jeunesse.
« Frémissant d'horreur à la nouvelle de l'as- » sassinat commis à Rennes, à l'instigation de » plusieurs membres de la noblesse ; convoqués » par le cri général de la vengeance et de l'in- » dignation ; reconnaissant que les dispositions » pour affranchir l'ordre du Tiers de l'esclavage » où il gémit depuis tant de siècles, ne trouvent » d'obstacle que dans çet ordre dont l'égoïsme » forcéné ne voit dans la misère et les larmes » des malheureux qu'un tribut odieux qu'ils » voudraient étendre jusques sur les races » futures.
» D'après le sentiment de nos propres forces » et voulant rompre le dernier anneau qui nous » lie ; jugeant d'après la barbarie des moyens » qu'emploient nos ennemis pour éterniser notre » oppression que nous avons tout à craindre » de l'aristocratie qu'ils voudraient ériger en
» principes constitutionnels, nous nous en affran- » chissons dès ce jour.
w L'insurrection de la liberté et de l'égalité n intéressant tout vrai citoyen du Tiers , tous » doivent la favoriser par une inébranlable et » indivisible adhésion , mais principalement les » jeunes gens, classe heureuse à qui le ciel » accorda de naître assez tard pour pouvoir » espérer de jouir des fruits* de la philosophie » du XVIII.* siècle.
» Jurons tous , au nom de l'humanité et de » la liberté , d'élever un rempart contre nos » ennemis , d'opposer à leur rage sanguinaire le » calme et la persévérance des paisibles vertus, » élevons un tombeau aux deux martyrs de la » cause delà liberté et pleurons sur leurs cendres » jusqu'à ce qu'elles soient apaisées par le sang » de leurs bourreaux.
» Avons arrêté, nous , soussignés, jeunes gens » de toutes les professions , de partir en nombre » suffisant pour en imposer aux vils exécuteurs » des aristocrates , regarderons comme infâmes » et déshonorés à jamais ceux qni auraient la » bassesse de postuler ou même d'accepter les » places des absents.
» Protestons devance contre tous arrêts qui » pourraient nous déclarer séditieux, lorsque )> nous n'avons que des intentions pures et n inaltérables. Jurons tous, au nom de llion- » neur et de la patrie , qu'en cas qu'un tribunal
» injuste parvînt à s'emparer de quelques-uns » de nous et qu'il osât un de ces actes que » la politique appelle de rigueur , qui ne sont » en effet que des actes de despotisme , sans » observer les formes et les délais prescrits par » les lois , jurons de faire ce que la nature , » le courage et le desespoir inspirent pour sa » propre conservation. »
Le lendemain, deux cents jeunes gens partirent: ils furent rejoints bientôt par six cents autres. Tous étaient armés : ils apprirent en route qu'à Rennes les deux partis avaient fait la paix ; cependant ils continuèrent ; mais les Etats ayant été cassés , ils rentrèrent dans leurs foyers après avoir passé dans cette ville quelques jours penàant lesquels on les traita en . frères.
Bientôt les paroisses et les corporations furent réunies dans le but de nommer des députés pour rédiger les doléances du pays , et siéger à ces états généraux qui devinrent la célèbre assemblée constituante. Dès lors, les événements se piessent les uns sur les autres : chaque scène de la capitale retentit dans les provinces, où elle est imitée. On sait que Broglie et Lansbèque, sont chargés d'arrêter l'énergie des Parisiens, et l'inquiétude fait que l'on s'arme. Le 16 juillet, on saisit les déniers royaux, afin d'ôter au gouvernement tous ses moyens d'action. Le 17 , on s'empare des poudres de Paimbœuf; le 18, on apprend la prise de la Bastille. Quelques citoyens, sous
la conduite de MM. Andrieux et Lemonnier, officiers de la milice bourgeoise , vont au château , somment le gouverneur de se rendre , en lui faisant connaître le sort du commandant de la Bastille; et, les Nantais, au bout de quelques heures, se trouvent entièrement maîtres de leur ville. Le surlendemain, grande alarme! on annonce que des dragons arrivent par Montaigu : tout le monde s'arme, jusqu'aux femmes et aux enfants; 50 hommes munis de haches, sont prêts à couper le pont de Pirmil ; mais l'alerte est fausse , et la cavalerie envoyée à la découverte , revient sans avoir rien vu.
Depuis le mois de novembre, la ville était mécontente de la municipalité. Elle fit de nouvelles élections. Daniel de Kervegan fut nommé Maire ; Maisonneuve , avocat, sous Maire ; Var~ savaux, Dubern , Legris aîné, Rosier, Cornet, échevins ; Giraud-Duplessis fut continué procureur syndic, et Ménard de Rochecave, greffier. Cependant , les troubles s'étaient apaisés a Paris; la tranquilité paraissait rétablie , grâces à la fermeté de la constituante; les Nantais jugèrent convenable de lui envoyer une adresse de félicitations. Le 26 , ils adoptèrent, en grande pompe , les couleurs nationales. Sur leurs drapeaux tricolores, on voyait , avec des faisceaux d'armes , cette devise : V union fait la force .' La garde nationale, très-belle, se composait de trois corps, savoir : les volontaires de la cavalerie, au nombre
de 3 compagnies de 100 hommes; 1806 volontaires de l'infanterie , sur lesquels un bataillon de 436 artilleurs , et 6500 gardes nationaux; total, 8606.
Ce fut à la fin de 89 que, sur les dessins de M. Crucy l'on commença le cours du Peuple, aujourd'hui cours Henri IV. Ce fut à la même époque qu'eut lieu la division par districs. Le peuple nomma lui-même, dans chacun d'eux , un juge-de-paix et son suppléant. Un fait digne de remarque, c'est que le commerce n'éprouva point de violentes commotions au milieu des crises politiques qui agitaient la France. Nul ne prévoyait encore ce qui devait sortir de la fermentation générale. Chacun s'abandonnait à la tempête révolutionnaire , avec cette confiance naïve dans l'avenir qui décelait l'ignorance de malheurs devenus nécessaires.
Au commencement de janvier 1790, les patriotes trop âgés pour faire un service actif formèrent un bataillon de quatre compagnies, nommées la Persévérance, l'Harmonie, la Sagesse et la Prudence. À la fin du même mois , des députe's partirent pour Pontivy, où eu lieu la fédération bretonne. Dans le mois suivant, la mairie fut renouvelée : Daniel Kervégan fut réélu maire , et .MM. Rosier , Dubem , Legris atné, Varsavaux, Drouin de Pareai, Dobrée, Lepot , Chanceaulme, Barre, Fourrai père, Can tin, Fineau, Riédy , Clavier , Lefebvre de la Chau-
vière, Laè'nnec et Genevois, furent nommés échevins. Le 8 février eut lieu , entre les deux cours, l'installation de la nouvelle mairie , sur remplacement destiné à l'érection de la colonne Louis XVI. La cérémonie fut très-brillante : le peuple , le clergé et les autorités prêtèrent serment au roi constitutionnel. Au mois de mai il fut décidé que les séances du district seraient publiques. Le 25, la foire des bestiaux fut troublée d'une manière très-fâcheuse. Les ennemis de la révolution insinuèrent aux paysans que les péages étaient abolis , et qu'ils devaient se refuser à solder les octrois en entrant en foire ; ceux-ci ne demandèrent pas mieux , et forcèrent les barrières. On mit sur pied des détachements de volontaires, de gardes nationaux et de soldats du régiment de Rohan : les paysans résistèrent ; cependant on parvint à les dissiper sans recourir à la violence. A la suite de cette révolte , la municipalité, faiblissant devant l'émeute, supprima les droits contestés.
Le 24 juin, les troupes et les gardes nationales de Nantes et des villes voisines se fédérèrent. Le soir eut lieu un grand repas sur le terrain des Capucins, maintenant cours Henri IV. Au haut de la grande allée se trouvait la figure de la liberté, au pied de laquelle on venait prononcer les toasts ; le banquet se passa dans le plus grand ordre , et quand il fut terminé , chaque convive se rendit sur la place de la H-
berté, le chapeau et le fusil ornés de feuillages. Le soir, au spectacle, on donna une pièce analogue à la circonstance. Peu après , l'on s'occupa de nommer la députât ion chargée de représenter la ville de Nantes à la fédération générale qui devait avoir lieu à Paris. Le 14 juillet, les corps armés de la ville renouvellèrent leur fédération entre les mains des conseillers municipaux. Le 15 août, les députés revinrent avec une bannière départementale, et la ville leur fit une brillante réception. Le 23 août , ^nouvelle fêle i la société des Amis de la Révolution, en Angleterre, avait applaudi aux efforts de la nation française; notre ville voulant lui prouver sa sympathie dans la personne des Anglais qui habitaient Nantes, invita ceux-ci à un repas splendide, qui eut lieu sur le terrain des Capucins. L'enclos était orné des statues de Louis XVI , de la Liberté , de Charlemagne et de Diane Chassen sse , avec cette inscription : Abolition de la Féodalité. Chaque arbre était orné d'un drapeau et d'un bouclier, sur lequel on lisait le nom d'un héros ou d'un philosophe \ une longue suite de couronnes et de guirlandes se continuait d'un arbre à l'autre ; au milieu s'élevait l'autel de la Concorde ? sur l'autel reposait le globe du monde , ayant au-dessus de lui le bonnet de la liberté, et des deux côtés deux cassolettes où l'on brûlait de l'encens. On lisait sur les faces de l'autel ; Patrie, Ega*
lité, Union, Liberté. Outre les décorations, les arbres portaient encore des inscriptions du genré de celles-ci : Révolution d * Angleterre , Révolution de France , Charta magna , Fédération du H août , Prise de la Bastille , etc. Après le défilé des convives, le président déposa sur Pautel un drapeau sur lequel se trouvait cette inscription , dont il donna communication :
Céleste paix , A sainte humanité ,
Qu'aux pieds de vos autels 1» France et l'Angleterre
Jurent de rappeler les peuples de la terre
Aux lois , au vrai bonheur qu'offre la liberté.
Après le diner on chanta des couplets, et des danses terminèrent la fête. Les membres de la société de la constitution se réunirent ensuite à la salle de leurs séances, et décidèrent que MM. Français, connu depuis, dans nos assemblées législatives, sous le nom de Français ( de Nantes ) , et Bougon seraient députés à Londres, pour remettre à la société des amis de la révolution le récit de la journée et la bannière déposée sur l'autel.
A la fin d'avril 1791 , les directeurs de la fabrique de fer et outils aratoires connue sous la raison Gaudin et fils, arrêtèrent de donner l'apprentissage gratuit à 20 pauvres enfants, 12 sous par jour la seconde année, 13 à 18 la 3. 0m0 , et enfin 30 à 40 sous lorsqu'ils sauraient leur état. C'est ainsi qu'au milieu de ces scènes emphatiques qui se succédaient journellement
sous le nom de fêtes patriotiques, l'on voyait percer le plus pur dévouement et naître les meilleurs projets.
Dans le mois dç mai, des insurrections se manifestèrent à Chalans et à Carquefou. La garde nationale s'y rendit, et tout fut bientôt apaisé. Dans le même mois, les religieuses du Sanitat furent fouettées par des femmes du peuple pour s'être retirées dans leurs chambres à l'approche des prêtres assermentés. Le mois suivant, la garde nationnale fut sans cesse sur pied pour arrêter les suspects tant en villequ'à la campagne.
Le 22 mmi , à 8 heures du soir , arrive un courrier extraordinaire de Paris , porteur d'une lettre de MM. Chaillon , Baco, Cottin,Jarry, et Giraud , députés de Nantes. Elle annonçait le départ de Louis XVI. Aussitôt le département et la municipalité prennent les mesures les plus actives : on renforce les postes , on s'assure des suspects , on met les scélés sur leurs papiers , on arrête les poudres et les munitions, on met embargo sur les navires , on fait réunir les soldats auxquels on demande de prêter serinent de fidélité à la nation et à la constitution ( parmi eux se trouvait Dumouriez) ; puis, immédiatement après , l'on fait imprimer et placarder une proclamation.
Le i. cr juillet, 630 gardes nationaux et 50 dragons se dirigent , pour porter secours aux gardes nationales du pays , sur le château 4e la,
Poutière , district des Sables , dans lequel M. de Lezardière avait réuni 600 royalistes ; mal* gré l'apparition , sur la côte , de 26 voiles ennemies , le château fut pris et brûlé. Les assiégés profilèrent d'un violent orage pour s'échapper. Au mois d'août, MM. Coutard, Benoiston, Marie, Papin , Français , Dufrexou , furent nommés à la 2. mo législature. Dans le mois de novembre P on instala la nouvelle Mairie , dont les membres étaient MM. Giraud, maire; Bridon , Carié , Vilmain, Kirouard, Mellinet père, Bougon , Bonnard (prêtre) , Douillard , Godebert, Bourcard, nwnicipawr. Dans le mois d'octobre se forma une société d'agriculture et de commerce.
L'enthousiasme qui régnait dans tous les esprits s'échauffait chaque jour davantage , les daines offraient des drapeaux à nos des volontaires sortaient des rangs de la garde nationale , pour voler à la frontière $ au mois d'avril , le drapeau tricolore et le bonnet de la liberté furent portés en pompe à la salle du spectacle et placés des deux côtés de la scène* M. Hugues Hardouin prononça , dans cette circonstance, un discours qui fut vivement applaudi. Le 13 août, l'on reçut la nouvelle des événements du 10 août , et l'administration s'empressa de prendre des mesures pour assurer la tranquillité publique. Le 26 , on planta un arbre de la liberté sur la place de ce nom , et l'évêque prononça , dans cette circonstance , un discours très-patriotique.
Le 2 septembre , MM. Méaule , Lefevre , Chaillon , Villers, Mellinet père , Fouché, Coustard et Jarry , furent nommés membres de la Convention. Le 9 , des commissaires vinrent demander des armes à la ville qui expédia de suite 100 canons de fonte. Cette année M. Baco fut élu maire , et MM. Le Cadre , Godebert , Gaudin , Delahaie , Hardy , Peccot père , Morel , Colas fils , Tourghouillet , Prévost , Darbefeuille, Brière , Bar , Henri , Vanneunen jeune , Billot, Douillard , furent nommés adjoints^ M. Dorvo , connu, depuis, par un grand nombre de productions dramatiques , fut appelé a remplir les fonctions de procureur-syndic.
Nous possédons les budgets de Nantes , pour les années 1790 et 1791; ils sont intéressants à consulter sous le rapport des économies, et nous en placerons un extrait sous les yeux de nos lecteurs. Lorsque vint notre première révolution, la ville s'était déjà affranchie de plusieurs sinécures à sa charge, qui absorbaient un revenu de 25,180 1. ; En 90 , elle supprima de nouveau grand nombre d'articles parmi lesquels se trouvaient les suivants : à M. de Brancas, indemnité de logement, 2000 1. ; au même poulies portes, 1200 1.; au Lieutenant du Roi, 2000; au subdélégué , 1200; au secrétaire de l'intendant, 1000; pour installation des maires et échevins, 800; à l'imprimeur, 60; jetons de la mairie, 1600; à 3 couvents pour au-
inônes, 310; Le total des économies, faites cette année-là, sur les traitements, fut de 28,511 liv.
Le bourreau recevait à cette époque , le logement et 1200 liv.; les tambours , 1280 liv.; les gardes de villes , 3600. Le commerce avait un député à Paris > qui était payé 3000 liv.; la police ne coûtait que 3000 liv.; les trois architectes de la ville recevaient 4350 liv.; on accordait au maire , 700 liv. pour un secrétaire ; 240 liv. au 4 huissiers de police; 200 à l'horloger ; 4250 aux oratorjens, pour le collège; 800 au bibliothécaire ; 1000 au professeur d'hydrographie.
On peut résumer ainsi le i. tr budget publié par la mairie de Nantes.