FAITS DIVERS DE 1815 A
1815. — Quelque temps après le retour des Bourbons, la mairie prit un arrêté contre les personnes d'opinion opposée au pouvoir, qui déchireraient les affiches. Le 27 juillet , elle fit fermer le café Grandceau comme lieu de rassemblements séditieux. Dans les premiers jours de novembre, MM. Demilsan , Decombes et plusieurs autres obtinrent l'autorisation de fonder une nouvelle chambre sous le nom de chambre des amis du rqi. Le 14 , M. Debay forma une école de dessin dans notre ville. En décembre , l'inspection des approvisionnements des boulangers fit reconnaître
que plusieurs n'étaient ps en règle. Un arrêté de la mairie les suspendit.
1816et 1817. — Le 3 février, la ville fut autorisée par le roi à reprendre ses anciennes armoiries. Dans le même mois , la mairie permit rétablissement d'un bateau de bains. Le 4 mars , la cour prévotale fut installée. MM. Baron , président ; Bas cher grand prévôt , et Bernard , procureur du roi, prononcèrent, dans cette circonstance , des discours en harmonie avec les faits qui se passaient sous nos yeux. Le i avril, fut plantée la croix de mission de la cathédrale. Le 16 avril , la mairie renouvela la défense faite aux mariniers de fréquenter la salle des commerçants à l'hôtel de la Bourse. Il y avait quelque chose d'aristocratique dans cet arrêté. Mais à cette époque , la haute bourgeoisie , représentée , à Nantes , par les administrateurs , s'efforçait de lutter contre le progrès et d'anéantir tout vestige de la révolution de 89. Le premier mai , notre ville rédigea une adresse au roi au sujet du mariage du duc de Berry ; dans la même séance , elle décida l'acquisition de terrains destinés à agrandir les cimetières de Miséricorde et de Saint-Jacques» Le 5 août, elle fit replanter deux croix sur l'emplacement où l'on présume que St.-Donatien et St.-Rogatien ont reçu le martyre. Le 17 septembre , elle fit vendre comme inutiles beaucoup de papiers des archives ; dans le nombre se trouvaient sans doute les procès-verbaux des fêtes
républicaines ; l'ingénieur Fournier les avait mis en ordre 9 comme on peut s'en assurer en consultant ses écrits , mais il importait trop à quelques-uns des grands royalistes de l'époque de déchirer leur passé pour que ce monument de faiblesse et de honteuses tergiversations pût être conservé. Le 30 septembre , M. Louis de Saint-Aignan fut nommé maire , MM. Barbier, Roger, Levesque , de la Tullaye et Petit Desrochettes , adjoints. Avec cette mairie commença un nouveau système : M. de Saint-Aignan était émigré et gentilhomme , mais il avait du patriotisme, comprenait son époque et désirait trop vivement l'approbatiou publique pour se faire le soutien d'une cause impopulaire et d'un régime tyrannique. Nous lut devons l'organisation du comité de salubrité , institué en 1817. 11 ne se composait alors que de trois membres, MM. Fouré , docteur-médecin \ Hectot et Le Sant, pharmaciens. La même année (1817) , M. Aubert fut autorisé à établir à Nantes une agence d'affaires , et M. Durand un moulin sur bateau , au pont de la Belle-Croix. La rectification du numérotage des rues fut commencée. Enfin , le 2 novembre , le duc d'Angouléme entra dans nos murs.
1818. — Le 13 août , eut lieu la délimitation des divers arrondissements de la ville , imprimée depuis avec la synonymie des rues. Le li septembre , la mairie arrêta la construction du pont
de Chésine , rue de l'Entrepôt. Le 29 , la démolition de la grande et de la petite boucherie fut commencée.
1819. — Le9février, M. de la Tullaye fut délégué par le maire pour rechercher dans les caveaux de la cathédrale le cercueil du dernier duc et le cœur d'Anne de Bretagne , qui devait s'y trouver dans une boîte d'or , mais il n'en restait aucun vestige. Le 13 mars , la Loire déborda de 16 pieds 11 pouces. Le 5 mai , M.
Cailliaud donna au musée d'histoire naturelle une momie et des échantillons de minéraux recueillis par lui en Egypte. Le 3 juin , la mairie établit près la prairie de Mauves , pour prévenir les accidents , une embarcation montée par deux maîtres nageurs. Le 6 juillet, elle acheta de M. Albert, la romaine située à l'éperon de l'Ile Feydeau , et la consacra au pesage des foins. Le 24 , eut lieu l'installation de M. Levesque en qualité de maire. Le 7 septembre , une ordonnance de police prescrivit de constater les décès par un certificat de médecin. Le 27 , l'évêque , M. d'Andigné , fut reçu à Nantes , par les autorités civiles et militaires
1820. — Le 14 février, l'église de Notre- Dame de Chezine fut érigée en succursale. Le 27, la Mairie envoya une adresse au roi, à l'occasion de la mort du duc de Berry. Le 11 avril, elle décida l'élargissement de la rue de l'Heronnière. Le 18 mai, elle fit assurer les pro-
priétés commuoales contre l'incendie. Le 12 juin, elle acheta l'ancien Hôtel des monnaies. Le 24, elle protesta contre les prétentions du Préfet qui voulait usurper la police municipale. Il résulte d'un recensement fait en août, que la ville renfermait 68427 habitants, dont 16608 garçons, 21589 filles, 11085 hommes mariés, 11085 femmes mariées, 3136 veufs, 3488 veuves et 1436 aux armées. Le 31 août, les plans et devis de la Halle-aux-Toiles furent approuvés. Le l. er octobre 1820, la naissance du duc de Bordeaux fut célébrée par une fête spontanée.
1821. — Le 6 avril, la mairie fit l'acquisition du logement des sœurs de Saint-Vincent-de-Paule. Du 1." au 3 mai, elle fêta par des réjouissances publiques la naissance du duc de Bordeaux. Le 29 juin, elle décida défaire démolir les maisons du terrain de Saint-Saturnin, pour y construire une place. Au mois de septembre, elle établit un concours pour les demi-bourses du Collège. Le 6 novembre, M. Levesque fut réinstallé en qualité de Maire; MM. Barbier, Petit Desroche ttes, de La ïullaye , Bernard-des-Essards et Doucet, furent nommés adjoints. Le 27 novembre, la ville décida l'élargissement de la rue de la Verrerie.
1822. — M. d'Andigné mourut le 2 février; on lui rendit les honneurs funèbres usités en pareilles circonstances. Dans le courant de juillet, la Mairie s'occupa vivement de trouver près de l'hôlel-de-ville un local pour y construire u,n
musée de tableaux. Le 4 octobre , un atelier de charité fut établi au Jardin des Planles, dans le but de le niveler. Au mois de novembre , l'élargissement de la rue des Capucins fut arrêté. Le 7 décembre, M. Micolon de Guérines fut installé en qualité d'évêque, en remplacement de M. d'Andigné. *
1823. — Le 3 février la Loire déborda , et s'éleva de 18 pieds 2 pouces. Le 5 , la mairie arrêta la construction de l'aile ouest de l'Hôtelde-Ville. Le 18 , elle décida qu'un repère serait établi en amont du pont d'Aiguillon. Le 8 août , elle mit en adjudication la construction de l'Abattoir. Le 14 septembre , la statue de Louis XVI fut inaugurée sur la place du même nom. Le 19 septembre , la duchesse d'Angouléme passa dans nos murs. Le 20 septembre , une troisième école de petites filles fut instituée. Le 7 octobre , la Halle-aux-Toiles fut commencée , sur les plans de l'architecte Crucy ; et vers la fin du même mois, la ville acheta la ruelle du Sanitat pour prolonger la rue Penthiévre.
En 1824 , la mairie refusa l'autorisation d'établir à Nantes une salle de ventes avec criées publiques. C'est ainsi que, pour être utile aux marchands et pour empêcher la concurrence de les ruiner , elle s'opposait à son développement et proclamait instinctivement une grande vérité. Le l. er mai , MM. Boubée et de La Tujlaye fils
neveu remplacèrent MM. Barbier et de La Thullaye père, en qualité d'adjoints. Le 29 mai, la ville fut autorisée à vendre l'ancien hôtel de la Monnaie. Le 11 juin 1824, don Miguel passa à Nantes ; il voyageait sous le nom de duc de Beira. Le 4 septembre , la ville arrêta l'élargissement de la rue du Calvaire. Le 17, on apprit la mort de Louis XVlll. Le octobre, la mairie décida de prolonger la rue Kervégan. Le 29 septembre , le roi approuva les conventions faites par la ville avec les ponts-et-chaussées , au sujet des travaux du canal de Bretagne* Le 24 novembre , la mairie autorisa la construction d'un bateau de bains sur le quai Turenne. Le 13 décembre, elle arrêta l'élargissement du quai d'Aiguillon.
1825. — Le 31 janvier, la mairie rendit publique l'ordonnance du roi qui lui permettait de contracter un emprunt de 800 mille livres* Le 18 février, elle acheta le terrain situé à l'extrémité du Cours Henri IV pour y construire un muséum. Le l.* r mars , elle décida de faire planter des arbres sur la route de Rennes et les autre voies publiques* Le 21 , elle s'occupa de faire élargir la rue du Calvaire. Le 29 mai > eut lieu la fête du sacre de Charles X; l'élargissement de la rue Kervégan , date de la même année, ainsi que l'institution du premier coure de méloplaste professé par M. Bigot Lari vière.
1826. — Le 11 janvier, M. Levesque fut installé maire pour la troisième fois \ ses adjoints
furent aussi conservés. Le 27 mai , le préfet , M. Alban de Villeneuve ajouta quatre nouveaux membres au comité de salubrité, et, de plus, il étendit à tout le département cette utile institution. Dans le mois de novembre , les courtiers obtinrent le privilège de sortir et d'entrer librement dans la salle du Commerce aux heures de bourse.
1827. — Le 3 février, la ville arrêta l'alignement de la rue Charles X, aujourd'hui rue d'Orléans. Le 20 février fut enregistrée une ordonnance du roi , qui permettait d'acheter plusieurs terrains dans cette même rue. Le 10 mars, la mairie publia un arrêté très-sévère au sujet d'une mission qui allait commencer , comme si des mesures de police pouvaient servir à soutenir un culte et à lui donner de l'éclat $ comme si ce n'était pas au contraire le meilleur moyen de faire appel aux perturbateurs que de les défier en quelque sorte dans un placard. Le 7 avril, la mairie fit réparer les puits publics. Le 11, elle mit en adjudication les travaux d'établissement d'une école de petites filles. Enfin le 31 décembre , elle mit en adjudication les' ^avaux du marché couvert, près la Halle aux Toiles , et publia un règlement de police pour cette halle. r F
Pendant toute l'année 1827 les travaux de bâtisse furent très-actifs? M. Bernard-des-Essards, auquel, ce me semble, on n'a pas rendu corn-
plette justice , leur imprima un vif élan ; ce n'étaient partout qu'édifices en construction. L'hôtel Chardonneau, situé rue du Calvaire, fixait surtout les regards ; mais il est à regretter que ce monument 9 dont la façade indique plutôt un temple des arts ou de la science qu'une maison particulière , ne soit pas encore terminé , et qu'il n'ait pas été livré à quelque service public.
1828. — Le 14 avril, la ville enregistra l'ordonnance qui lui permettait de faire les acquisitions nécessaires pour ouvrir la rue Boileau. Le 14 mai, elle s'occupa de compléter l'alignement de la rue Crébillon. Le 23 juin, la duchesse de Berri arriva dans nos murs. Le 25 juin $ eut lieu l'inauguration de l'église de Notre-Dame, au bout de la rue Peuthièvre. Les 28 , 29 et 30 juin , des fêtes signalèrent de nouveau le passage de la duchesse qui posa la première pierre de l'écluse de l'Erdre. Je me suis assuré par moi-même que la composition des quadrilles dans lesquelles elle dansa a été consignée sur le registre des délibérations de la mairie. Le 30 août, l'administration municipale reçut l'autorisation d'acheter l'ancien emplacement de la Collégiale , pour y construire un nouveau marché aux légumes.
1829. — Le 9 février , le nivellement de la rue des Cadeniers fut arrêté. Le 25 mars , eut lieu l'adjudication de la grille du Cours Henri IV. Le 17 avril, la mairie décida défaire démolir un grand nombre de maisons en Biesse , en Veraisetrue du Dos-d'Ane. Le l. er juillet, l'Abattoir
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commencé le 10 avril 1826 , sous la conduite de M. Démolon et sur les plans de M. Malary , se trouvait achevé. Dans le courant de juin , le pont Charles X fut livré au public. Le 4 juillet , les daines de Saint - Vincent - de - Panle furent autorisées à construire leur chapelle. Quelques personnes des classes riches s'élant mis dans l'esprit qu'elles pourraient par des souscriptions et la fondation d'une sorte d'aumônerie à Saint-Jacques , supprimer la mendicité , un arrêté de la mairie , du 10 juillet , vint appuyer leur essai ; mais le mal avait , dans les vices de nos institutions , des racines trop profondes pour être guéri par un aussi léger palliatif. Le 18 juillet, le Jardin des Plantes fut livré au public. Le 11 août, la mairie arrêta l'élargissement de la rue de la Barillerie. Le 16 septembre , elle résolut l'acquisition des boutiques du Bouffa y , sur l'emplacement duquel elle voulait faire construire un palais de justice. Le 7 octobre , elle fît interdire le pont de la Casserie , remplacé depuis par un pont suspendu. Le 2 novembre, elle procéda à l'adjudication d'un pont en fer pour l'Arche- Sèche qui conduit au Musée : l'étal précaire de ses finances fut sans doute ce qui l'empêcha de le faire exécuter. L'hiver de Tannée 1829 fut extrêmement rude, et surtout très-long. La débâcle des gïaces o< casionna quelques avaries et submergea un moulin à blé situé sur la rive droite au-dessous du pont de la Belle-Croix.
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1830. — Le 8 mars, la mairie procéda à la reconnaissance et à l'inventaire du musée. Le 17 juin , elle transcrivit une ordonnancé du roi qui lui permettait d'emprunter 300 mille francs. Le 18 juillet 9 la prise d'Alger fut fêtée par un Te Deum et une illumination. Il est bon de rappeler qu'à cette époque les libéraux , à Nantes comme ailleurs, blâmaient fortement cette entreprise, qui sera sans doute aussi utile que glorieuse pour notre pays; tant il est rare , en effet , de voir les hommes d'un parti approuver
les actes de leurs adversaires !