SCENE III. i
PÉDRILLE
Mon âme est toute transie ,
Et , maigre' moi , je le sens ,
La frayeur , la jalousie ,
^ y Tour a tour troublent mes sens.
S \ RIBALDO , ZÉLINA.
^ ■ Son âme est toute transie ;
On devine ses tourmens :
La frayeur , la jalousie ,
Tour a tour troublent ses sens.
PÉDRILLE
O rage extrême !
Le comte arrive !... et moi je partirois ! Non , non , jamais.
ZÉLINA.
L'amour l'emporte enfin ! poiu* moi quel bien suprême ! Oui , daigne en croire une épouse qui t'aime ; Il faut rester.
PÉDRILLE
Que me conseilles-tu?
Si je reste , je suis perdu.
RIBALDO.
Oui, dans ces lieux, Pédrille a tout à craindre. Il faut partir.
PÉDRILLE
Qu'ai-je entendu!
Ah! si je pars, je suis... mille fois plus à plaindre.
RIBALDO.
Eh ! choisis donc.
i6 LE NEGRE PAR AMOUR.
PÉDRILLE
J'ai beau consulter ma raison ; Elle me dit tantôt oui; tantôt non.
Ah ! que ne ,suis-je ou moins jaloux , ou moins poltron
PÉDRILLE
Mon Ame est toute transie !
Ah ! pour moi quels tourmens !
La frayeur , la jalousie , Tour à tour troublent mes sens.
KIBALDO , ZÉLINA.
Son âme est toute transie ; On devine ses tournions :
La frayeur , la jalousie , Tour à tour troublent ses sens.
PÉDRILLE
Mes bons , mes chers amis ! que devons-nous faire ?
RIBALDO , se rueUant àtal)le.
Déjeuner, car il est tard.
PÉDRILLE
Il s'agit bien de cela ! Que devenir ?. . . Ma tête n'y est plus.
RIBALDO j tout en déjeunant.
Si tul'avois conservée, tu verrois que tu t'exagères le danger que tu cours en restant près de nous ; personne ne te connoît dans ce viilage sous le nom de Pédrille j lu ne pourrois être découvert que par quelques habitans de Dorescos ; et Monseigneur lui-même a pris