SCÈNE III
soin de te mettre en sûreté , en leur faisant défendre de paroître devant lui 5 continue donc à passer pour Fabrice , cousin de Zélina ; ne te laisse aller à aucun mouvement qui puisse te trahir , et je réponds de tout.
PÉDRILLE
Vous me décidez, et je reste.
RIBALDO.
D'honneur ! tes soupçons me feroient mettre en colère s'ils ne me faisoient pas pitié ; sois tranquille 5 ma nièce connoît assez ses devoirs , et le comte, pour que tu n'aies rien à craindre 5 elle sait que Monseigneur est aussi léger envers les femmes , que bon , juste et généreux envers les hommes.
ZÉLINA.
Sans doute jet l'histoire de cette jolie veuve française qu'il abandonna si cruellement est toujours présente à ma mémoire.
PÉDRILLE
Qui? Cette jeune femme qui, pendant les troubles de son pays , vint se réfugier dans les environs de ce village ?
ZÉLINA.
Justement 5 quoiqu'elle eût, dit-on, la têle bien
i8 LE KÈGRE PAR AMOUR.
vivo, bien romanesque, je ne puis m'empêcher de la plaindre.
Qu'entends-je !... une voiture dans la cour du château î Seroit-ce déjà la suite de Monseigneur?... Eh ! oui , vraiment ! J'aperçois d'ici le petit nègre qu'il vient de prendre, m'a-t-on dit, à son service. Allons , Pédrille j allons voir si ces braves gens ont tout ce qui leur faut... (Il «on.)
ZÉLINÀ.
Le comte doit, sans doute, la suivre de près.
PÉDRILLE , ^ part , avec humeur.
Le comte 1 toujours le comte ! (Haut.) Ma chère Zélina, tu le vois, je me corrige. De ton côté, ménage-moi; je t'en conjure au nom de mon amour et de ma confiance en toi. (A part.) Epions toutes ses démarches.
( Il suit Ribaldo. )