‹ Essais littéraires de Saint-Just (volume 2)Chapitre 126 sur 309 · CAROLINE , ROLANDO · texte numérisé non relu

CAROLINE , ROLANDO

CAROLINE

Vous rentrez ?

ROLANDO

Oui, Mademoiselle; je viens de faire une commission pour mon maître.

, CAROLINE

Je sais que vous lui êtes sincèrement attaché.

ROLANDO

Sanclio, dont je lis présentement l'histoire, n'étoit pas plus dévoué à son illustre chevalier.

CAROLINE

L'intérêt que vous portez à Prosper ne m'étonne point.

ROLANDO

Chaque jour je fais des vœux pour son bonheur.

CAROLINE

Hélas 1 vous n'êtes que trop exaucé ! car vous savez que d'après les idées de M. Verner...

ROLANDO

Tenez, Mademoiselle, M. Verner est un homme

190 L'HEUREUX MALGRÉ LUL

raisonnable, et je ne puis croire que la condition qu'il impose à mon maître, ne cache point une raison plus solide, qui l'engage à différer son mariage.

CAROLINE

Si, cepenj^ant, cette condition étoit remplie, il ne pourroit plus s'opposer à notre hymen ; mais il semble que le ciel s'entende avec lui !

ROLANDO

Ou plutôt l'enfer !

CAROLINE

Rien de plus étonnant, en effet, que cette faveur

continuelle de la foitune Mais, dites-moi, est-ce

qu'on ne pourroit pas , en provoquant un peu le sort , le forcer de se prêter ?. . .

ROLANDO

Oui, c'est à quoi j'ai déjà pensé j et, souvent même j'ai été près d'employer ce moyen. Par exemple, dernièrement je conduisois mon maître sur la cime d'un rocher très-escarpé ; la roue de sa voiture touchoit au bord du précipice 5 l'occasion étoit belle, encore un pas, et...

CAROLINE

Vous me faites frémir I

ROLANDO

Il eût peut-être mieux valu, en effets qu'en tra-

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