‹ Essais littéraires de Saint-Just (volume 2)Chapitre 137 sur 309 · ACTE II, SCENE VI. aoa · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VI. aoa

répoudrez, lorsqu' après l'accomplissement de cette prédiction, je pourrai vous dire!... voilà mon fils !

MADAME HONORINA.

Eh bien ! vous verrez qu'ils seront encore capables de vous nier le fait.

LE BARON

N'importe ! si vous ne m'avez point trompé , votre fortune est assurée !

MADAME HONORINA.

Fi donc. Monsieur! de quoi me parlez -vous! ( A part. ) Tâcbons maintenant de le ''mettre en présence du jeune homme.

Oh quelle secousse ! quelle secousse ! le croiriezvous, madame Honorina? ce que je viens d'apprendre a produit sur moi un effet si prodigieux 5 mes entrailles en ont été si fortement émues , que depuis ce moment je sens... je sens que mon appétit s'en est accru de moitié. Songez donc, je vous prie, à le satisfaire au plus tôt.

MADAME HONORINA.

Je cours m'en occuper... Si M. le baron vouloit, en attendant le souper, jouir d'un instant de société, j'ai dans mon hôtel un jeune militaire qui paroît fort

2o6 L'HEUREUX MALGRE LUL

aimable, et qui, sans doute, se trouveroit très-honoré de passer quelques instans avec lui.

LE BARON

Eh bien ! volontiers j priez-le de se rendre ici.

MADAME HONORINA.

Je vais vous obéir. (A p^irt.) Ma fortune assurée, m'at-il dit. Dieu de la magie! hasard! protège-moi, et finis mon ouvrage !

(Elle sort.)

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