ACTE II, SCENE VIII
PROSPER
C'est ce que je désire.
LE BARON
D'abord, on vous arrête...
PROSPER , à lui-même.
Verner en est instruit.
LE BARON
On fait votre procès...
PROSPER , de même.
Il dicte le contrat.
LE BARON
On VOUS condamne...
Il signe mon bonheur. ..
LE BARON
Et votre affaire est décidée.
PROSPER
Et mon mariage est conclu !. .. C'est charmant î
LE BARON
Ah çà ! êtes- vous fou? quand je vous entretiens de procès , de prison , que diable ! me parlez-vous de contrat, de bonheur, de mariage? Croyez-vous, Monsieur , que ce ton léger convienne à votre situation? Vous devriez, plutôt, songer aux moyens de pallier vos torts, et de gagner l'indulgence de vos
2ia L'HEUREUX MALGRE LUr.
juges 5 car, enfin! si, grâce à votre insouciance, votre sort ne vous touche pas pour vous-même , vous avez des amis, des parens, sans, doute? peut-être le père le plus tendre ! Sa position me touche , moi qui lui suis étranger^ et, malgré moi, je sens...
PROSPER, ipart.
lié bien! ne va-t-il pas s'attendrir, à présent? (naut,très-v;vement.) Rassurez-vous, Monsieur, rassurezvous, je n'ai point de parens.
LE BARON
Mais enfin ! vous avez un père , peut-être ?
PROSPER , légèrement.
Ma foi ! j'en doute ; car depuis l'âge de cinq ans je n'en ai point entendu parler.
Comment! depuis votre enfance?
PROSPER
Sans doute.
LE BARON , tout interdit.
Hé bien!... hé bien !... qu'est-ce qu'il dit donc?... Pourriez-vous , s'il vous plaît, me dire quelle est la ville où vous reçûtes le jour?
PROSPER
Berlin.