‹ Essais littéraires de Saint-Just (volume 2)Chapitre 141 sur 309 · ACTE II, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VIII

PROSPER

C'est ce que je désire.

LE BARON

D'abord, on vous arrête...

PROSPER , à lui-même.

Verner en est instruit.

LE BARON

On fait votre procès...

PROSPER , de même.

Il dicte le contrat.

LE BARON

On VOUS condamne...

Il signe mon bonheur. ..

LE BARON

Et votre affaire est décidée.

PROSPER

Et mon mariage est conclu !. .. C'est charmant î

LE BARON

Ah çà ! êtes- vous fou? quand je vous entretiens de procès , de prison , que diable ! me parlez-vous de contrat, de bonheur, de mariage? Croyez-vous, Monsieur , que ce ton léger convienne à votre situation? Vous devriez, plutôt, songer aux moyens de pallier vos torts, et de gagner l'indulgence de vos

2ia L'HEUREUX MALGRE LUr.

juges 5 car, enfin! si, grâce à votre insouciance, votre sort ne vous touche pas pour vous-même , vous avez des amis, des parens, sans, doute? peut-être le père le plus tendre ! Sa position me touche , moi qui lui suis étranger^ et, malgré moi, je sens...

PROSPER, ipart.

lié bien! ne va-t-il pas s'attendrir, à présent? (naut,très-v;vement.) Rassurez-vous, Monsieur, rassurezvous, je n'ai point de parens.

LE BARON

Mais enfin ! vous avez un père , peut-être ?

PROSPER , légèrement.

Ma foi ! j'en doute ; car depuis l'âge de cinq ans je n'en ai point entendu parler.

Comment! depuis votre enfance?

PROSPER

Sans doute.

LE BARON , tout interdit.

Hé bien!... hé bien !... qu'est-ce qu'il dit donc?... Pourriez-vous , s'il vous plaît, me dire quelle est la ville où vous reçûtes le jour?

PROSPER

Berlin.

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