ACTE II, SCÈNE XL si2i
de les unir; et, déjà, ces nœuds seroient formés, sans les obstacles que faisoit naître la position de Prosper.
PROSPER
Ainsi donc, Monsieur, c'étoit là le véritable prétexte des éternels délais...
LE BARON
Elle est, ma foi, fort bien la, petite nièce! fort bien! mais, cependant, je dois avant tout...
MADAME HONORINA.
Vous devez , avant tout , obéir au destin ; il vous parle par ma voix, et vous dit que depuis nombre de siècles ce mariage est écrit dans son livre en caractères ineffaçables. Vous montreriez-vous donc rebelle à ses lois , au moment où ses faveurs les plus précieuses se répandent sur vous ?
PROSPER
Non, Monsieur, non, vous ne voudrez point rompre un projet dont mon bonheur dépend.
LE BARON , après avoir consulté des yeux madame Honorina.
Mon fils I je suis ton père , et non pas ton tyran !... Ne dois-je pas, en effet, après avoir été si long-temps privé d'enfans, m'estimer trop heureux de m'en trouver, tout à coup, deux tout élevés, bienfaits, aimables, dont l'enfance ne m'a causé aucun em-
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barras, et dont le charme de la jeunesse fera, sans doute , le bonheur de mes vieux jours.
MADAME UONOJIINA.
Je vous le prédis, Monsieur, et vous êtes payé pour croire à mes oracles, je l'espère.
CAROLINE
Permettez-moi, Monsieur, de me féliciter de ce que le sort m'a choisie pour accomplir cette prédiction.
ROLANDO
Et nous, madame Honorina, quand l'hymen nous unira-t-il ?
MADAME HONORINA.
Aussitôt que votre fortune en amour sera changée en fortune en espèces.
LE BARON
Je me charge de la métamorphose j et , comme j'aime que les choses aillent bon train, retournons à l'instant dans mon château, conclure cette affaire. M. Verner, ces enfans sont aussi les vôtres; j'espère que vous ne les quitterez pas de sitôt. Quant à moi , je ne m'en sépare plus, et prends, dès cet instant, pour devise : rcconnoissance éternelle à M. Verner, amitié sans bornes pour mes enfans , et profonde vénération pour madame Honorina.