SCENE IL
depuis que vous êtes officier des gardes du calife , on ne vous voit plus.
YÉMALDIN.
Vous n'ignorez pas que ma place me retient au palais d'Isauun. . . Je voudrois parler un instant à votre mère ; est-elle ici ?
ZÈTULBÈ.
Non ; mais elle ne tardera pas à rentrer, car le cadi lui a fait dire qu'il passeroit chez elle dans la soirée.
YÉMALDIN.
Sans doute pour la presser encore de lui rendre les cent sequins qu'elle lui doit, et qu'il lui est impossible de payer. Qui pourroit croire , en la voyant réduite à cette extrémité, qu'elle soit la veuve d'un des plus braves généraux du calife , qui , privé des droits de la naissance, sut parvenir par son seul mérite !
ZÈTULBÈ.
Ah ! depuis la mort de son époux , Lémaïde , restée sans appui, sans fortune, est bien malheureuse, bien à plaindre ; cependant , malgré sa triste situation , elle n'en est pas moins toujours gaie , toujours aimable et toujours bonne. Mais , dites-moi , ce que vous avez à lui communiquer est-il bien intéressant ?
YÉMALDIN.
Plus que vous ne pouvez penser.
a34 LE CALIFE DE BAGDAD.
ZÈTTJLBÎ3.
Oh Lien ! puisqu'il en est ainsi , Késie sait sûrement où elle est, et je vais lui dire d.' aller la chercher.
YÉMALDIN.
Votre zèle m'enchante.
ZÈTULBÈ.
Il s'agit de ma mère ! doit-il vous étonner?
(Elle sort.)