‹ Essais littéraires de Saint-Just (volume 2)Chapitre 157 sur 309 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

vient de me confier que Messour ne peut vous pardonner d'avoir rejeté sa proposition, et qu'il cherche à profiter du moindre prétexte pour se venger de votre refus et causer votre ruine. Tout cela...

LÉMAÏDE.

N'est point impiiétant ; il a demandé Zètulbè, parce qu elle est jolie 5 je l'ai refusé parce qu'il est laid j il trouvera d'autres femmes, parce qu'il est riche; je lui prédis malheur, parce qu'il est vieux; il oubliera ma fille , parce qu'il ne l'aime point ; et je ne serai point ruinée, parce que je le suis.

YÉMALDIN.

C'est fort bien ; mais songez que Messour est, après le calife, l'homme le plus puissant de Bagdad, et qu'il a mille moyens de vous nuire.

LÉMAÏDE.

Que veux-tu?... dois-jc sacrifier à la crainte le bonheur de ma fille?... Ah! si son père avoit suivi mes conseils , au Heu de lui donner cette éducation brillante qui la fait citer pour exemple à toutes les jeunes filles de Bagdad, il l'auroit élevée comme l'a été sa mère ; elle posséderoit moins de connoissances , de talens ; mais, tranquille au moins dans sou obscurité, elle ne nous exposeroit pas aux poursuites de l'émir.

YÉI.IALDIN.

C'est à regret que j'ai porté la tristesse dans vos cœurs j mais j'ai cru nécessaire de vous prévenir des desseins que formoit conti*e vous un homme cruel et puissant. Le devoir me rappelle à mon poste, et je me vois forcé...

LÉMAÏDE.

Je serois fâchée que le moindre retard te rendît victime de ton zèle... Mais puisque tu es pressé, passe par le jardin j il al)OUtit aux portes du palais : nous allons te reconduire, et peut-être trouveronsnous quelque moyen de pré\'enir les projets de Messour.

YÉMALDIN.

Puissions-nous y parvenir 1

ziiTULBÈ.

Son nom seul me fait trembler

LÉMAÏDE, iZèlulbè.

Allons, viens donc, et ne sois pas triste comme cela... Regarde... est-ce que je le suis, moi?

YÉMALDIN.

Oui , rassurez-vous , Zètulbè , nous veillerons sur \ousj qnels que soient les dangers secrets dont l'émir vous menace, ils doivent peu vous effrayer : poui- les

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