‹ Essais littéraires de Saint-Just (volume 2)Chapitre 160 sur 309 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

l'émir, descendent quelquefois dans la ville, pour mettre à contribution les liabitans j et je dois avouer que , sous ce costume , on me prendroit plutôt pour un des leurs que pour le calife de Bagdad... Si ce déguisement n'est pas le plus favorable aux prétentions d'un amant, il est au moins le plus sûr, et par conséquent celui que j'ai dû choisir... Il faut convenir que l'aventure dans laquelle je me trouve engagé, commença d'une manièie assez singulière 5 eh Lien, tant mieux ! tâchons qu'elle finisse de même. Depuis longtemps, les grâces, les talens de Zètulbè m'avoient inspiré le désir de la voir : je la vis, et formai la résolution de l'élever jusqu'à moi. Aussitôt que j'eus fait part de ce projet aux amis sages et prudens qui m'entourent, ils traitèrent mon amour de pure fantaisie, le regardèrent comme une suite de mon goût pour les aventures extraordinaires , et me soumirent à un mois d'épreuve avant qu'il me fût permis d'instruire Zètulbè de mon nom et de mes intentions... Il fallut y consentir 5 mais c'est enfin à la sixième heure de cette nuit que ce délai doit expirer. Respectable Lémaïde ! charmante Zètulbè ! quel bonheur pour moi de changer votre sort ! Né dans les grandeurs , j'ai joui de tous les plaisirs; mais jamais, non, jamais, je n'en connus de plus doux, de plus vrai,

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que de venger des rigueurs de la fortune les vertus vt la beauté.

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