‹ Essais littéraires de Saint-Just (volume 2)Chapitre 162 sur 309 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

LÉMAÏDE.

Ah ! VOUS épousez ma fille 1

ISAUUN.

Ce soir.

LÉMAÏDE.

Je VOUS remercie de m'en avoir prévenue.

Sa dot est toute prête.

LÉMAÏDE.

Vous verrez qu'il n'y a plus que le repas à commander.

ISAUUM f reprenant vivement.

Il l'est.

LÉMAÏDE, à part.

Je ne m'étois point trompée ; cet homme a perdu la tête.

ISAUUN.

Vous serez satisfaite 5 je n'ai rien épargné.

LÉMAÏDE.

Je vous conseille de ne point vous mettre en frais. . .

ISAUUN , d'un ton un peu ferme.

Rassurez-vous , l'argent m'inquiète peu ; je sais les moyens de m'en procurer, et je vous le prouverai.

LÉMAÏDE, à part.

Aïel aïe', voilà, je crois, que j'en reviens à mon

premier jugement. (Haut.) Allez, allez, mon ami, je vois bien qui vous êtes j retirez-vous , ou bientôt. . .

ISAUUN , gaiement.

Ab ! de grâce , traitez un peu plus poliment votre gendre !

LÉMÂÏDE.

Vous n'en agissez de la sorte que parce que je suis seule ici... Vous êtes bien beureux que mon neveu Yémaldin soit retenu au palais du calife ; il vous feroit bien cbanger de ton, lui...

ISAUUN.

Yémaldin? officier des gardes d'Isauun?

LÉMAÏDE.

Sans doute : si c'étoit le mérite qu'on récompensât, il devroit avoir, pour le moins, une place d'émir.

ISAUUN , légèrement.

Eb bien ! il y en a une de vacante ; il faut qu'Isauun la lui donne.

LÉMAÏDE.

Ob ! dès que c'est votre avis , il n'y manquera pas j avec votre protection...

ISAUUN.

Elle en vaut bien une autre.

^ LÉMAÏDE.

Cela se peut j mais , encore une fois , retirez-vous ,

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