SCENE XI
ISAUUN.
Je vous l'apprendrai.
LE CADI
Insolent ! n'oublie pas le respect qu'on doit à un cadi.
ISAUUN.
Rappelle-toi donc celui qu'on doit au malheur !
LE CADI
Qu'on me paye !
Quelle somme?
Cent sequins.
Sois tranquille.
Il me les faut !
Tu les auras.
LE CADI
ISAUUN.
LE CADI
ISAUUN.
LE CADI
Tout de suite.
ISAUUN , lui jetant uue bourse sur la table.
Les voilà.
LE CADI
C'est ma foi vrai !
LÉMAÏDE.
Je n'en reviens pas.
LE CA.DI , à Lémaïde, lui faisant signe d'approcher.
Savez-vous bien que cet homme a une manière de s'exprimer très-éloquente ? Quel est-il ?
LÉMAÏDE.
Je serois bien embarrassée de vous le dire ; tout ce que je sais, c'est que, depuis une heure, il me fait tourner la tête ; et que, si je l'en crois, il s'appelle il Bondocani.
( Le cadi se lève avec précipilatinn , et renverie la table. )
Eh bien ! qu'avez-vous donc ?
LE CADI , dans la plus grande agitatioD.
Mille pardons, ma bonne dame ! mille pardons!... Vous dites que cet homme s'appelle...
LÉMAÏDE.
Hé, mon Dieu! ne me faites pas répéter ce vilain nom-là !
LE CADI
Voyons, dites toujours; il s'appelle...
LÉMAÏDE.
Il Bondocani.
LE CADI , courant comme un fou.
Se peut-il?... Il Bondocani !... Et moi qui... Ali! allaîali! alla!
( Isauun lui fait signe de se retirer; il se sauve de toutes ses forces, sans se donner le temps de prendre son argent, et toujours en criant •. Ali ' alla ! )