SCÈNE XII
ISAUUN, LEMAIDE, ZÈTULBÈ.
LÉMAÏDE.
Est-il fou? Vous me direz peut-être, à la fin, ce que tout cela signifie I A votre nom seul, il perd la tête • au moindre signe, il vous obéit,- et, ce qu'il y a de plus incompréhensible, il part sans prendre son argent ! Au reste, je n'en suis pas fâchée j cela fait que vous pourrez remporter cette bourse j car vous jugez bien que je ne souffrirai point...
ISAUUN.
Y pensez-vous, Lemaïde?
LÉMAÏDE, lui remettant la bourse dans la main.
Reprenez votre argent, vous dis-je.
ISAUUN.
J'y consens doncj mais pour le renvoyer sur-lechamp au cadi,
LÉMAÏDE.
Encore une fois , je ne conçois point. . .
ISAUUN.
Laissons là votre étoimement, ma bonne mère; il nous reste des affaires plus essentielles à terminer...
26o LE CALIFE DE BAGDAD.
Je vous quitte , et vais m'occuper de différentes dispositions relatives à mon mariage.
LÉMAÏDE.
Allons , il n'en démordra pas !
ISAUUiN.
Vous ne tarderez point à recevoir les bijoux , les étoffes , et mille autres bagatelles de cette espèce j comme, par exemple, les vingt mille sequins que je vous destine poui* présent de noce.
ziîTULBÈ, bas à Lémaïfle.
Vingt mille sequins, ma mère !
ISAUUN.
De plus, comme, au point où nous en sommes, nous devons en agir sans façon, je viendrai souper ce soir avec vous.
LÉMAÏDE, très-effrayée.
Non pas, je vous en prie ! Si jamais...
ISAUUN, rinteriompanl.
Je me charge de tous les préparatifs du repas, de manière que vous n'aurez aucun soin à vous donner.
LÉMAÏDE.
Ne vous avisez pas...
ISAUUN , rinterrompanl.
Au revoir donc , ma tendre m« re ! . . . Adieu , Zètulbc î
adieu, vous l'unique objet de toutes mes pensées.
(Tison.)