ACTE I, SCÈNE III. 3oi
ignore un sentiment que je voudrois me cacher à moimême. Quelle position est la mienne ! Depuis quelques jours, à peine deux heures de chemin me séparent de l'amant le plus cher, et je ne puis seulement me livrer à l'espérance de le voir!... Qu'êtes-vous devenus, momens fortunés passés à la cour de ce prince adoré ?. . Mais hélas ! quand je mets tout mon bonheur à me les
rappeler, peut-être que lui Ah! dissipons ces
tristes idées qui s'emparent de mon âme
nOMJNCE.
Tristes soupirs , vaines alarmes , Cessez de tourmenter mon cœur; Et d'un souvenir plein de charmes Laissez-moi goûter la douceur.
De ma l'élicite' passe'e Quand je rappelle le retour.
Songez que troubler ma pensée Seroit un vol fait à l'amour.
DEUXIÈME COUPLET
' De mon amant , guide fidèle , Toi qui le distrais de ses feux , Pour bannir ma crainte cruelle.
Honneur ! daigne exaucer mes vœu\ !
Permets qu'au sein de la victoiie Il pense du moins chaque joui- Que le temps qu'il donne à la gloire Est un vol qu'il fait à l'amour.
On vient... c'est mon père.
3o> GABRIELLE D'ESTRÉES.