ACTE II, SCÈNE II. ^1g
HENRI
Estelle?... qu est-ce que c'est que ça?
ESTELLE
Gomment ! qu'est-ce que ça ! Mais c'est votre prétendue ; tout est d'accord pour notre mariage.
HENRI
Ah ! tout est d'accord î . . . Parbleu ! j'en suis charmé.
ESTELLE
Votre père a dû vous dire...
HENRI
Mon père?... Non, il ne m'a point parlé de cela.
Ah , votre père ne vous a point parlé de ça !.. . C'est singulier... Mais que regardez-vous donc toujours du côté de cette fenêtre? est-ce que vous avez peur que mamzelle Gabrielle ne nous voie? Oh! ne craignez rien 5 dans ce moment elle est chez Monseigneur , tout à l'autre bout du château , et ne peut rien voir, ni entendre de ce qui se passe ici.
HENRI , à part.
Fort bien ! j'en suis pour les frais de ma romance.
ESTELLE
D'ailleurs, elle sait que nous devons nous épouser; elle approuve notre mariage, ef par conséquent ne
33o GABRIELLE D'ESTRÉES.
doit pas trouver mauvais que nous soyons ensemble ; nous pouvons donc parler tout à notre aise.
HENRI
Je ne demande pas mieux. Eh bien, ma chère Estelle, à <ju?nd la noce?
ESTELLE
Vous allez tout de suite au fait, à ce qu'il me paroît ; un peu de patience.
HENRI
Votre vue est loin d'en inspirer.
ESTELLE
Qui peut donc tant vous presser? n'êtes-vous pas mon prétendu? Eh bien, il s'en faut de si peu de chose , que ce ne soit comme si vous étiez mon mari .
Oui ; mais pourtant ce peu de chose ne laisse pas que d'être beaucoup.
ESTELLE
Eh pourquoi ?
HENRI
Le voici.
DVO.
Lorsque par les noeuds les plus doux Un tondre amant devient époux.