‹ Essais littéraires de Saint-Just (volume 2)Chapitre 224 sur 309 · ACTE II, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE II

Il ne quitte plus ce qu'il aime , Et , grâce a ce titre charmant , Il peut de son amour extrême L'entretenir à chaque instant.

ESTELLE

Auprès d'une maîti'esse Qu'il aime avec tendresse , Sans être son mari , Un amant peut aussi Agir ainsi.

HENRI

L'époux se permet librement Doux propos , regard caressant ; De sa gentille me'nagère Il prend la main avec ardeur, Entre les siennes il la serre , Et la presse contre son cœur.

( n prend la main d'Estelle. )

Auprès de la maîtresse Qu'il aime avec tendresse , Sans être son mari.

Plus d'un amant ici Agit ainsi.

HENRI

Après de pénibles travaux ,

Arrive l'instant du repos ;

A son épouse , jeune et belle ,

L'heureux mari, pour apaiser

Les maux qu'il a souflerts loin d'elle ,

Donne sans crainte un doux baiser.

( Il veut emliiasser Estelle. )

33a GAHRIELLE D'ESTRÉES.

ESTELLE

Auprès de la maîtresse Qu'il aime avec tendresse, Avant d'être mari Aucun amant ici K'agit ainsi.

HENRI

11 lalloit bien me faire entendre.

ESTELLE

Vous VOUS faites fort bien entendre.

Je vois que d'un sentiment tendre En vain nous ressentons l'effet; C'est de l'hymen qu'il faut attendre Le plaisir qu'amour nous promet.

S < HENRI

^ 1 Oui , du sentiment le plus tendre

En vain nous ressentons l'cfTet; C'est de riiymen qu'il laut attendre Le plaisir qu'amour nous promet.

ESTELLE

Eh l)icn ! ne. voilà-t-il pas que, pendant que je vous écoute, j'oul)lie que je suis venue ici pour arroser CCS fleurs, et les rentrer sous ce berceau, afin que 1<: soleil ne les fane point? Pardine! puisque vous voilà, vous allez m'aider.

MENRI.

Tr<^s-vnlontier.s. (A p^^n , ^n <-iitr»ni lou» le berceau.) Cela

ACTE II, SCÈNE IL 333 me servira de prétexte pour rester en ce lieu , et peutêtre qu'à la fin Gabrielle

ESTELLE

Etes-vous prêt ?

HENRI , sous le berceau, elles yeux toujours fixés sur la fenêtre de Gabrielle.

J'y suis.

ESTELLE

Tenez , prenez ce laurier-rose.

( Elle passe le pot de laurier à Henri qui , toujours préoccupé , le prend par la tige , de manière que le pot se détache et tombe. )

Ah , mon Dieu ! voilà le pot par terre I

ESTELLE

Et le laurier resté entre vos mains!... Ça devoil être ! vous êtes si distrait ! . . . Si mamzelle Gabrielle vous voyoit arranger ainsi ses fleurs, elle seroit contente ; justement la voici...

HENRI j à part, toujours sous le berceau.

0 bonheur !

ESTELLE

Accompagnée de son père.

HENRI, iparl.

Que le ciel le confonde ! Ne nous montrons pas.

( Il reste sous le berceau. )

334 GABKIELLK D'ESTRÉES.

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