‹ Essais littéraires de Saint-Just (volume 2)Chapitre 226 sur 309 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

d'estrées.

Le bruit court, m'a-t-iî dit, qu'un parti de ligueurs s'est emparé du roi.

GABRIELLE, à part.

Qu'entends-je? ô douleur!

HENRI , sous le berceau.

Elle pleure!... Que sa tristesse m'afflige!... et me charme !

d'estrées.

Henri a tellement l'habitude de faire seul et secrètement ce qu'il appelle, dans sa naïveté, des escapades , qu'on assure que des ligueurs , instruits de la route qu'il devoit prendre , l'ont arrêté.

HENRI , i part.

Comment la détromper?

GABRIELLE, cberchaat à cacher sou trouble.

Et, que dit-on qu'il soit devenu ?

d'estrées.

On prétend qu'il a été livré au duc de Mayenne.

GABRIELLE, à part.

Au duc ! . . . Je meurs ! ( Elle se retourne pour cacher ses larmes et aperçoit Henri. ) QuC Vois-jc !

É d'estrées.

Ma fille! quel trouble t'a saisie?.. Une pâleur mortelle!...

330 GABRIELLE D'ESÏRÉES.

GABRIELLE

Oui, je viens d'éprouver un mal!... mais maintenant je me sens mieux!... beaucoup mieux, mon père.

d'estrées.

Ne cherche point, ma Gabrielle, à cacher l'émotion qui t'agite j je conçois qu'attachée au parti de Henri, cette nouvelle ait dû t'alarmer ; mais , tu le sais , elle s'est déjà répandue plusieurs fois , et toujours sans fondement 5 il est possible que ce ne soit encore aujourd'hui qu'un faux bruit.

GABRIELLE

En effet ! je commence à le croire.

d'estrées.

Souvent les plus légers motifs donnent lieu aux conjectures les plus hasardées. Henri aura fait une absence un peu prolongée, et dès lors on le suppose tombé au pouvoir de Mayenne ; tandis que , suivant son goût, il est peut-être en ce moment à jouir du plaisir de l'incognito, chez quelque fidèle serviteur prêt, s'il le falloit, à tout entreprendre pour le salut de son maître.

GABRIELLE

Vous croyez , mon père ? Ah ! que n'est-il vrai ! de quel poids mon cœur seroit soulagé !

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