‹ Essais littéraires de Saint-Just (volume 2)Chapitre 228 sur 309 · HENRI, GABRIELLE · texte numérisé non relu

HENRI, GABRIELLE

GABRIELLE

Ah! Sire! est-ce bien vous? Qui vous a pu conduire ici, au milieu de tant de périls ?

HEiNRI.

Celui qui n'en connoît aucun ; l'amour.

GABRIELLE

Partagé entre la crainte et le plaisir, mon cœur n'ose encore se livrer!... Mais, quel déguisement! Comment se fait-il ?. . .

Gabrielle ! je vous revois donc enfin ! et viens d'acquérir la preuve que je vous étois toujours cher !

338 GABRÎELLE D'ESTRÉES.

GABRIKLLE. £^

Etoil-ce encore un doute pour vous!.. Ah , Prince ! qu'ils sont loin ces instans où, fuyant votre approche, affectant une fausse froideur, je cherchois eu vain à combattre un sentiment que tous mes efforts n'ont pu vaincre !

HENRI, i:n souriant.

Oui , oui , je me rappelle ce temps ; vous me traitiez alors fort mal, et même certain duc de Bellegarde, par ses assiduités... Mais ne parlons plus de ça, ne parlons plus de ça.

GABRIELLE

Que n'ai-je eu le courage !...

HENRI

Qu'est-ce à dire? regretteriez-vous le don que vous ju'avez fait de votre foi ? Croiriez-vous pouvoir être aimée plus tendrement, plus loyalement que vous l'êtes de llem'i ? C'est impossible ! ( Moniram son cœur. ) Vous êtes là , Gabrielle ' et vous y êtes à la vie 1 à la morl !

GABRIELLE

Que de tourmens et d'inquiétudes un tel langage ne meferoit-il point oublier! car, enfin, quelle existence est la mienne ! Condamnée à tous les maux de l'absence, vos ])érils, vos peines,... vos plaisirs même!

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