ACTE III, SCÈNE IV
ÉLOI , à pari.
Amusons-nous un instant. ( Haut. ) Oui, belle Estelle, c'est moi-même. '
ESTÉïfLi. '
Gomment? C'est donc vrai, ce que je viens d'entendre raconter confusément en revenant de la ferme, où j'étois pendant tout ce qui s'est passé au château?
ÉLOI
Qu'avez-vous donc entendu dire?
ESTELLE
Qu'Éloi, tttôn prétendu, pour vous sauver des ligueurs , avoit thângé d'habit avec vous.
ÉLOI. ■,.i.|. . .-.
t certaines i à prolonger encore ce déguisement.
1 1'^ Rienn est plus vrai. Et certaines raisons m engagent
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ESTELLE
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Ce bon Éloi î nien ne m'étonne de lui : je 1 ai vu ce matin pour la première fois 5 et v'ià que tout de suite j'ai senti que je l'aimois de tout mon coeur.
ÉLOI
Peste 1 la petite future est prompte à s'enflammer.
ESTELLE
Il m'a paru si obligeant, surtout si empressé de devenir mon époux !
36o GABRIELLE D'ESTRÉES.
ÉLOI
Lui?
ESTELLE
Sans doute j il falloit voir comme il me prenoit la main! comme il me la serroit!
ÉLOI
Vraiment?
ESTELLE
Ne vouloit-il pas m' embrasser même?
ÉLOI^ à part.
Allons ! tandis que je remplissois, de mon mieux, le personnage du roi, je vois que, de son côté, il ne s'acquittoit pas mal du mien. (Haut.) Il me paroît, jeune fille, que ce M. Éloi est entreprenant?
ESTELLE
J'avois hien un peu envie de le gronder j mais j'ai pensé que j'en aurois tout le temps quand je serois sa femme .
ÉLOI
Sa femme , dites- vous? vous ne la serez jamais.
ESTELLE
Ah, mon Dieu! qu'est-ce que vous dites donc là? Eh! pourquoi ça?
ÉLOI
C'est que vous prendrez un mari de ma main.