‹ Essais littéraires de Saint-Just (volume 2)Chapitre 247 sur 309 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

ESTELLE

Oh non. Sire! je vous en prie j je sens que je ne pourrai jamais aimer, ni épouser que celui-là.

ÉLOI , à part.

En voici bien d'un autre! (Haut.) Il faut espérer que vous finirez par entendre raison.

ESTELLE

Eh ! quel mari voulez-vous donc me donner?

DUO

ÉLOI

Vous êtes jeune, aimable et belle.

Il vous faut des nœuds plus brilla ns. Prenez un e'poux , chère Estelle , Parmi mes riches courtisans.

ESTELLE

IVon , non , laissez plutôt Estelle Préférer des nœuds moins brillans.

Mon Eloi pauvre , mais fidèle.

Vaudra mieux que vos courtisans.

ÉLOI

Votre époux chaque jour de fête , Pour faire éclater sa splendeur , Auroit soin d'orner votxe tête De rubis de haute valeur.

36k GABRIELLE D'ESTRÉES.

Uu village quand c'est la fête.

Et qu'on danse chez Monseigneur ,

Si je désire orner ma tête.

Dans les champs je cueille une fleur.

ÉLOI

Une fleur n'est pas si brillante.

ESTELLE

Non, mais elle a plus de fraîcheur.

ÉLOI

Elle vous fait bien moins d'honneur.

ESTELLE

Et ie n'en suis pas moins contente.

ÉLOI , à part.

On ne peut être plus charmante !

Quelle grâce! quelle candeur!

En elle tout nie plaît , m'enchante , Et me présage le bonheur.

( A Estelle. ) Je vois qiie d'après votre humeur La ville n'a rien qui vous tente?

ESTELLE

La carrtpagne est pour moi charmante , J'aime son calme et sa fraîcheur.

Ce que j'y vois lûe plaît, iii'énchante , Et me présage 1« bonheur.

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